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A Paris, le procès tentaculaire de l’affaire Aristophil entre dans une phase décisive : Gérard Lhéritier, fondateur de la société d’investissement dans les manuscrits, continue de défendre un modèle qu’il juge « excellent », malgré des soupçons d’escroquerie portant sur près d’un milliard d’euros.
Agé de 77 ans, l’ancien « magnat des lettres et manuscrits » comparaît devant le tribunal correctionnel aux côtés de sept autres prévenus. Ils sont poursuivis pour « escroquerie en bande organisée, pratiques commerciales trompeuses et abus de biens sociaux » dans le cadre de ce qui est présenté comme l’une des plus vastes arnaques financières culturelles en France. Au dernier jour de son audition, Gérard Lhéritier n’a pas dévié de sa ligne de défense et espère être relaxé.
Un système soupçonné d’être pyramidal
La justice soupçonne Aristophil d’avoir mis en place une pyramide de Ponzi, c’est-à-dire d’avoir utilisé les fonds de nouveaux investisseurs pour rémunérer les anciens. Entre 2009 et 2014, la société a commercialisé, via des courtiers et gestionnaires de patrimoine, des manuscrits, livres rares, autographes et lettres originales de Boris Vian, Albert Einstein, Romain Gary ou Simone de Beauvoir. Les parts étaient vendues en indivision, permettant par exemple d’acheter 1/100e d’un écrit de Gustave Flaubert. Présentés comme « sûrs » et « sans risque », ces placements promettaient des rendements annuels de 8 à 9 %.
Les investissements étaient adossés à de véritables pièces précieuses, certaines exposées au Musée des lettres et manuscrits, aujourd’hui fermé, dans le VIIᵉ arrondissement de Paris. Cette vitrine, doublée d’un carnet d’adresses prestigieux a renforcé la confiance des épargnants. Plus de 4.500 d’entre eux se sont depuis constitués parties civiles.
Bulle spéculative et tentative de sauvetage
Après avoir alimenté une bulle spéculative, Aristophil avait échappé à la faillite en 2012 grâce aux 170 millions d’euros remportés par son fondateur à l’Euro Millions. Il assure avoir injecté une partie de ce gain pour maintenir l’activité : « Malgré ses difficultés, je voulais qu’Aristophil perdure, donc j’ai mis 40 millions de ma poche », a-t-il déclaré, assis lors de sa dernière audition.
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Le président du tribunal lui a rétorqué : « Si vous êtes un escroc, c’est rare de mettre 40 millions dans (son) escroquerie ». Gérard Lhéritier affirme pour sa part avoir voulu « sauver Aristophil » et « gagner du temps » car il « pensait surtout aux clients ».
2025-09-29 19:59:28
