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De notre envoyé spécial à Anterselva,
Petite précaution d’usage : on adooooooooooooooore la poursuite, temps fort incontournable d’une saison de Coupe du monde de biathlon. La question n’est vraiment pas là, tant on se régale des remontadas et de la dimension tactique +++ qui accompagnent ce format de course hypra divertissant. L’attractivité de l’épreuve n’est plus à prouver, y compris dans une quinzaine de JO de Milan-Cortina 2026 à l’offre globale très riche.
Mais cette poursuite (ce dimanche à 11h15 et à 14h45) soulève une problématique : son départ, son déroulé ainsi que son finish sont clairement conditionnés par une précédente course ayant elle-même débouché sur des médailles olympiques, à savoir le sprint. Une véritable spécificité du biathlon, puisque si une première manche de slalom en ski alpin ou un programme court de patinage artistique donne un avantage en vue d’une victoire finale, il n’y a en aucun cas en jeu un statut de champion olympique au préalable.
Le sprint lancé en 1980, la poursuite en 2002
D’ailleurs, le format n’est apparu au programme olympique (en version masculine et féminine) qu’en 2002, soit 42 ans après l’individuel hommes, 34 ans après le relais hommes, mais surtout 22 ans après le sprint hommes. Et oui, ces épreuves qu’on prend pour des sœurs siamoises ont en fait mis très longtemps à se retrouver ensemble aux JO.
Pour résumer : un vainqueur de sprint, euphorique après avoir remporté l’or (la veille ou l’avant-veille), et qui bénéficie en plus d’un temps d’avance sur ses adversaires, est logiquement parmi les favoris pour le podium. D’ailleurs, 6 sur 12 vainqueurs du sprint olympique entre 2002 et 2022 (hommes et femmes) avaient ensuite bouclé leur poursuite sur le podium (dont 3 pour un doublé en or). Un 50 % symbolique de la possible dimension « cheatée » grâce au sacre sur le sprint.
La poursuite avait été menacée en 2010
Evidemment, si Quentin Fillon Maillet en profite pour s’offrir une 8e médaille aux Jeux ce dimanche, on n’ira pas hurler au scandale. Interrogé par 20 Minutes, le directeur sportif du biathlon tchèque Ondrej Rybar confirme que cette poursuite olympique n’a pas traîné pour être remise en question.
« Il y a souvent eu des discussions autour du maintien ou non de cette course, surtout aux JO de Vancouver 2010, indique-t-il. Comme le sprint allait se dérouler cette année-là dans de très mauvaises conditions météo, les organisateurs avaient hésité à annuler la poursuite, pour éviter de trop nombreuses répercussions de ces conditions difficiles sur les Jeux. »
La poursuite avait finalement été maintenue à Vancouver, avec le bronze pour Vincent Jay. Du côté des biathlètes que nous avons consultées samedi après le sprint, le mot d’ordre pourrait dans l’esprit se résumer à « pas touche à notre sacro-sainte poursuite ». L’Italienne Michela Carrara rappelle ainsi : « C’est quand même une merveilleuse course à regarder, et on a très envie d’y participer ».
« J’espère que cette épreuve restera aux Jeux »
Linn Gesblom est sur la même ligne : « Ça fait partie de notre sport toute l’année, en Coupe du monde comme aux Championnats du monde. C’est vraiment l’un des plus gros événements du biathlon, l’une des courses les plus funs, même quand tu n’es pas classée parmi les premières. J’espère que cette épreuve restera aux Jeux ».
Mais la Suédoise, 22e sur le sprint, précise tout de même : « Ça peut sembler bizarre et même injuste aux JO, ça oui, je peux le comprendre ». Intraitable sur l’individuel de mercredi, Julia Simon était par contre dans un mauvais jour, samedi sur le sprint (34e). Lancée près de 2 minutes après la Norvégienne Maren Kirkeeide, au départ ce dimanche, ses chances d’un nouveau sacre olympique sont minces.
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Quant à Justine Braisaz-Bouchet, elle est carrément privée d’une course dans l’évènement qu’elle attend depuis quatre ans, ayant fini au-delà du Top 60 samedi (62e). « On verra à quel point les écarts sont infimes malgré tout entre les meilleurs dimanche, lance Ondrej Rybar. La poursuite reste une course très intéressante pour les spectateurs et les téléspectateurs. Ça n’est pas comme si on se posait la question d’introduire le relais mixte simple aux JO. » Dans ce cas-là, nous n’aurions pas besoin d’un préambule à notre article.
2026-02-15 06:12:37
