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Très attendu mercredi soir lors du 8e de finale aller de Ligue des champions contre Chelsea, le Paris Saint-Germain n’est pas le seul à pouvoir perdre gros au mois de mars. En perte de vitesse dans les sondages, et potentiellement gênée par l’embouteillage qui se profile au second tour, faute d’alliances, Rachida Dati pourrait bien voir la Mairie de Paris lui échapper alors qu’elle lui tendait les bras plusieurs mois auparavant. En cas de bérézina municipale, l’ancienne ministre de la Culture pourra se consoler en se disant qu’elle a gagné le match du cœur des supporters parisiens.
Le fruit d’une manœuvre éphémère qui tient autant de l’habileté politique que du concours de circonstances lui aura permis de s’imposer comme « la candidate du PSG » : un certain 31 mai 2025, Dati avait réussi le coup de force de s’inviter à Munich pour la finale de la Ligue des champions remportée 5-0 par les hommes de Luis Enrique contre l’Inter Milan.
De retour de la tournée asiatique avec Emmanuel Macron, elle a pris ses affaires direction la Bavière avec des supporters parisiens. Bonus, au coup de sifflet final, elle avait eu accès à la pelouse et s’était affichée avec Luis Enrique, DJ Snake ou encore Achraf Hakimi.
« Il y a une vraie proximité entre Rachida Dati et les joueurs du PSG, notamment d’Hakimi et elle s’est manifestée de manière assez évidente à Munich, assure auprès de 20 Minutes David Alphand, coprésident du groupe d’opposition « Changer Paris ». C’est quasiment la seule personnalité hors staff sportif qui avait pu accéder à la pelouse après la fin du match. C’est assez significatif de la proximité qu’elle peut avoir avec les joueurs et avec l’entraîneur, qu’elle a aussi appris à découvrir au fil du temps. »
Le PSG, un sujet « plus médiatique que politique » dans la course à la Mairie de Paris ?
Anne Hidalgo elle, n’était ni sur la pelouse, ni en tribune : l’édile avait d’abord prétexté un voyage de longue date (à Nairobi pour la deuxième édition de l’assemblée du programme des Nations unies) pour justifier son absence. Mais on apprendra plus tard qu’elle n’avait reçu d’invitation ni de la part de Nasser Al-Khelaïfi – pourtant connu pour son hospitalité – ni de l’UEFA – où NAK siège au comité exécutif. Son entourage évoquera une « vengeance » du club après l’échec des négociations avec la Mairie de Paris sur la vente du Parc des Princes. Faute de mieux, Hidalgo se contentera d’un communiqué pour féliciter les champions d’Europe.
Un scandale aux yeux de Rachida Dati, qui n’est pourtant pas sans savoir le contexte. Mais dans le grand jeu de la politique, on ne crache jamais sur un peu de mauvaise foi quand il y a une place à prendre. Alors le lendemain, la ministre tacle les deux pieds en avant dans une interview au Parisien : « Les joueurs et les Parisiens méritaient plus qu’un simple communiqué. Il faut savoir à certains moments mettre ses rancunes de côté. » Voilà comment, dix mois avant le premier tour des élections municipales, Dati a réussi à s’accaparer l’espace symbolique autour du PSG laissé vacant par la maire parisienne et que son principal opposant dans la course à la Mairie de Paris, Emmanuel Grégoire, pouvait difficilement occuper dans sa qualité d’ancien premier adjoint d’Anne Hidalgo. Pas sûr, cependant, qu’il en ait eu l’intention.
« Je vais être fair-play [vis-à-vis de Dati] : c’est un sujet qui a beaucoup plus d’impact médiatique que politique, commente le candidat de la gauche unie, contacté par 20 Minutes. J’espère que les gens vont voter pour des sujets de logement, de pouvoir d’achat, de transition écologique. Après, c’est un sujet parce que c’est le PSG, c’est le club qui a gagné la Ligue des champions. Évidemment, il a une résonance médiatique particulière. Et moi, comme maire, je serai aussi attaché à l’idée que le club de la ville historique reste dans la ville. Mais ça ne va pas beaucoup plus loin. »
Une rencontre entre le camp Dati et le CUP sur la question du Parc deux mois avant la finale
Une pudeur dont ne s’est pas embarrassée l’ancienne garde des Sceaux, laquelle s’est décidée à franchir la frontière entre le médiatique et le politique en inscrivant la promesse de « faire rester le PSG à Paris » dans son programme. « Je négocierai la vente du Parc des Princes au PSG en contrepartie de la création d’un village sportif et culturel »parc PSG » autour du stade », peut-on y lire par ailleurs.
La boucle est bouclée, mais David Alphand veut dissiper un malentendu dans la chronologie des événements. Deux mois avant la finale, le coprésident de « Changer Paris », lui-même supporter du club, avait rencontré des membres du Collectif Ultras Paris, dont son leader Romain Mabille. « On voulait prendre la température avec eux sur la question du Parc. [Les supporters] sont quand même le cœur battant du club. »
La preuve irréfutable, selon lui, que l’intérêt de Rachida Dati pour le club parisien est antérieur au 31 mai. « La question de la place du PSG est un sujet qui ne date pas de la finale de la Ligue des champions. Il est à l’esprit de Rachida depuis l’inauguration du centre d’entraînement de Poissy, où elle avait été invitée et ou elle avait eu des échanges avec le président. »
« Dati n’en a rien à faire du PSG »
Qui dit Poissy, dit Karl Olive. Le maire de la ville et candidat à sa succession croit à un attachement sincère de la ministre envers l’équipe du PSG – notons que Dati et Olive se sont apportés un soutien mutuel au tout début de la campagne pour les municipales.
« Quand elle se déplace à Munich, c’est pas pour jouer les plantes. Elle va hurler pour le PSG, elle va encourager les joueurs. Elle pourrait presque être speaker du stade. Je l’ai vue au stade mais aussi à l’Elysée, le lendemain, et elle n’était pas la dernière pour sourire avec les joueurs parisiens. »
Des suiveurs assidus du club ont une autre vision de la chose, et l’un d’entre eux va jusqu’à penser que « Dati n’en a rien à faire du PSG ». Reconnaissons-lui une certaine régularité dans sa présence au Parc : elle y siégeait de temps en temps déjà à l’époque où le maire de Paris s’appelait Bertrand Delanoë. Ça date.
Son camp est en tout cas confiant quant au fait que la sympathie – réelle ou fabriquée – de la ministre pour le Paris Saint-Germain la place dans une position privilégiée pour la reprise du dialogue dans le dossier Parc des Princes avec Nasser Al-Khelaïfi, dont il ne faudrait pas paraître trop proche, cependant. « Il y a une tendance à surinvestir la relation qu’elle peut entretenir avec Nasser Al Khelaïfi, dont elle n’est pas une connaissance de très longue date, tient à relativiser David Alphand. Elle entretient des relations cordiales, courtoises, comme elle peut en entretenir avec beaucoup d’autres acteurs importants de la vie économique, sociale et associative parisienne. Mais ça n’est en rien une relation de connivence ou de complicité, d’aucune sorte. »
Que Rachida Dati craigne de se brûler en restant trop près du soleil qatari ne serait guère surprenant. Citée – mais pas poursuivi – dans l’un des volets de l’affaire dite des barbouzeries du PSG, la candidate de la droite à Paris, est soupçonnée d’avoir joué un rôle dans la libération du lobbyiste Tayeb Benabderrahmane, celle-ci ayant été conditionnée à la signature par le lobbyiste d’un accord avec le Qatar, accord que Benabderrahmane veut désormais faire annuler au motif qu’il a été signé sous la contrainte, se disant « otage » du Qatar à ce moment-là. Pas tout à fait le genre de liens à mettre en avant quand on brigue un mandat à Paris.
2026-03-11 05:32:37
