dimanche, mars 22, 2026
AccueilActualitésDes « prières en classe » ? Levée de boucliers après les propos de l’Enseignement...

Des « prières en classe » ? Levée de boucliers après les propos de l’Enseignement catholique


#Des #prières #classe #Levée #boucliers #après #les #propos #lEnseignement #catholique



«Les enseignants pourraient faire du yoga et pas une prière ? » Lors de la conférence de presse de l’Enseignement catholique, mardi 23 septembre, le nouveau secrétaire général de l’Enseignement catholique, Guillaume Prévost, a réitéré son souhait de voir les enseignants et enseignantes qui le veulent faire des prières en classe.

« Je ne vois pas de différence fondamentale entre faire une prière ou être  »calme et serein comme la grenouille » [en référence aux pratiques de yoga à l’école, qui s’appuient souvent sur le livre Calme et attentif comme une grenouille d’Eline Snel], a plaidé Guillaume Prévost. L’enseignement catholique n’est pas laïc, il porte un projet singulier qui s’inscrit dans la tradition de l’Evangile et du regard du Christ sur chaque personne. » « Si un ‘Je vous salue Marie‘ est insupportable pour vous, c’est votre droit, mais alors il ne faut pas inscrire votre enfant dans un établissement catholique » a-t-il aussi ajouté, à l’attention des parents d’élèves.

Récidive

Des propos qu’il avait déjà tenus auprès de la chaîne KTO, le 12 septembre dernier. Auprès de la chaîne catholique, il estimait qu’il fallait « redonner clairement à une enseignante le droit de faire une prière le matin avec ses élèves », et interrogé sur le fait que cette prière se tienne « dans la classe, sur ses heures de classe ? » il avait répondu « bien sûr ».

« Ce qui est au cœur du débat, c’est la liberté de conscience de l’enseignant, du chrétien, de dire sa foi et ses convictions, liberté de conscience de l’enfant qui ne doit pas être embrigadé, et ça impose à l’enseignant qui veut dire un Je vous salue Marie avec ses élèves de détecter ceux que cela peut gêner, de parler aux parents, et de prévoir quelque chose pour ceux que cela peut gêner », avait alors détaillé Guillaume Prévost.

Des temps dédiés distincts

Le problème de tels propos, outre qu’ils s’ajoutent à d’autres laissant supposer que l’Enseignement catholique cherche à imposer sa propre version du programme d’éducation à la vie affective, relationnelle et à la sexualité, est qu’ils enfreignent le code de l’Éducation. Ce dernier impose aux établissements privés sous contrat de « respecter la liberté de conscience des élèves et des enseignants » et empêche d’imposer des prières aux élèves. D’après le ministère de l’Education nationale, contacté par 20 Minutes, « le temps de prière est considéré comme un enseignement religieux et ne peut pas empiéter sur le temps des cours prévus par le contrat avec l’État. Les temps dédiés au «  »caractère propre » de l’établissement doivent être distincts des enseignements du programme public. Si ce n’est pas le cas, l’établissement doit compenser les heures de cours perdues. »

Pour un élève présent dans un cours où un enseignant se mettrait à faire une prière, comment ne pas se sentir pris au piège ? « C’est une attaque frontale contre la liberté de conscience. C’est une remise en cause fondamentale de la loi Debré qui conditionne par ailleurs le financement public des établissements privés sous contrat », a réagi le 22 septembre dans un tweet le député Paul Vannier, coauteur de deux rapports, l’un sur les violences dans les établissements scolaires et l’autre sur le financement public de l’enseignement privé sous contrat.

« La liberté de conscience, c’est tout l’inverse »

Du côté des syndicats de l’enseignement privé, la nouvelle fait l’effet d’une douche froide. « Dans une école privée sous contrat avec l’État, il n’est pas possible de faire un temps de prière sur le temps de classe. Simplement parce que les établissements privés sous contrat sont financés par l’État. Or, les fonds publics ne peuvent pas servir à faire fonctionner le culte dans les établissements catholiques », a rappelé ce matin sur France Info Valérie Ginet, qui dirige la Fep-CFDT, premier syndicat dans le privé.

Syndicat du public très attaché à la laïcité, l’Unsa-Education tire la sonnette d’alarme. « C’est très dangereux comme propos, estime sa secrétaire générale Elisabeth Allain Moreno. On est dans un pays laïc où l’Etat et l’Eglise sont séparés. On ne peut pas faire une prière pendant le temps où est enseigné le programme. Et la deuxième chose c’est que de tels propos instrumentalisent la liberté de conscience. La liberté de conscience, c’est tout l’inverse : c’est l’idée de permettre à l’enfant de se construire un avis éclairé sur le monde environnant pour choisir ses orientations sociales, religieuses ou politiques. Si le temps est au milieu du cours, ce n’est pas un temps dédié, ce n’est pas identifiable pour les familles, ça ne laisse le choix à personne. » Et la syndicaliste de demander au ministère de « dénoncer ce type de propos. » Du côté de la ministre de l’Education, Élisabeth Borne, c’est pour l’instant silence radio.



2025-09-24 10:57:12

RELATED ARTICLES

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

- Advertisment -

Most Popular

Recent Comments