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Identité bancaire :
– Isabelle, 53 ans, professeure dans un lycée en Normandie
– 4 400 euros de revenus
– Environ 1 400 euros de dépenses mensuelles (loyer, leasing de la voiture et courses)
« Cet été, je pars seule au Rwanda. Mon budget ? Maximum 2 000 euros, sachant que j’ai payé 1 000 euros de billets d’avion, 200 euros pour le parking à l’aéroport et j’ai prévu environ 200 euros d’objets que je vais donner sur place (fournitures scolaires, médicaments…). Je pense que j’en aurais pour environ 400 euros en comptant hôtels, taxis, bus, etc. Je n’achète rien d’autre.
Rencontrer des gens
Une fois que j’ai choisi la destination, je réserve le billet d’avion, sans forcément préférer le moins cher. Je privilégie des horaires faciles, pour partir sereinement, même si c’est 500 euros de plus. D’ailleurs, j’utilise tout le temps le service proposé par ma banque pour payer les grosses dépenses en trois fois, les billets d’avion en l’occurrence. Pour la place de parking, je choisis le plus proche possible. Comme je voyage seule, je m’évite un maximum de stress. Pour dormir, je mélange des hébergements roots et des établissements un peu plus haut de gamme.
Par exemple, j’ai réservé deux hôtels qu’on pourra qualifier de luxe au cours de mon séjour, pour faire des pauses et me reposer, ne rien faire du tout, comme une bulle de repos. Tant qu’à faire, je préfère le faire dans un établissement où je n’ai pas à me soucier de la qualité de l’eau et de la nourriture. En fait, le reste du temps, on donne beaucoup de soi quand on voyage comme je le fais. Se faire comprendre dans une autre langue, voyager à moto ou en bus, cela peut être fatiguant. Même si j’aime le luxe, je ne pourrais pas rester trois semaines dans un hôtel. Je n’ai jamais séjourné dans un hôtel-club par exemple. Pour rencontrer des gens, il faut sortir des sentiers battus, ce qui demande, paradoxalement, plus de temps et de logistique.
« Mon plus gros budget est d’envoyer des cartes postales »
Côté nourriture, je mange local. En fait, je vais rarement au restaurant dans la vie quotidienne donc je ne change pas trop mes habitudes en voyage. Je ne fais pas de shopping sur place, mais par contre, je suis d’accord pour participer à un atelier d’artisanat. Je sais que je vais rencontrer des locaux donc cela ne me dérange pas de payer. Souvent, mon plus gros budget est d’envoyer des cartes postales, c’est ma tradition !
Je privilégie aussi l’aspect culturel. Je préfère manger des clopinettes mais passer trois heures dans un musée, c’est du luxe pour moi ! Quand je m’éloigne des sentiers battus, en passant dans des petits villages, je donne des objets dont ils peuvent avoir besoin : peinture, cahiers, crayons, même un instrument de musique, des médicaments, des perles, des bulles… J’emmène aussi un appareil à faire des gaufres et un pour battre les œufs en neige… Je connais déjà le Rwanda, j’y suis allée il y a deux ans, je vais donc revoir certaines personnes. Je travaille sur le génocide comme sujet d’étude : comment l’art permet la réconciliation.
Investir dans des moments
En fait, je me rends compte que je pioche un peu partout dans ce qui me plaît. Le luxe pour l’hébergement quand j’en ai besoin et d’autres choses plus simples pour rencontrer des gens, ou encore la culture. Je vais aussi en Thaïlande avec ma fille – déjà indépendante – cet été. J’ai payé 2 500 euros de billets d’avion, elle règle les vols intérieurs. On a tablé sur 500 euros de logement et 200 euros pour manger et visiter. Si on fait des activités genre jet ski, c’est ma fille qui réglera, je n’aime pas trop ça. Je vais essayer de trouver quelques nuits luxueuses pour lesquelles il faudra compter 250 euros avec navette à l’aéroport, pour faire une petite pause au milieu de nos hébergements très bon marché.
Côté budget, je n’en fais pas trop pour les vacances, c’est plutôt du à-peu-près. C’est en corrélation avec mon quotidien. Par exemple, si je dépense 200 euros de nourriture par mois, chez moi, il faut que ce soit la même chose en voyage. Pour les vêtements, c’est environ 150 euros en France, mais je ne vais pas acheter 150 euros de fringues en Thaïlande. Vu les prix, je vais en avoir beaucoup trop sans en avoir besoin. Au quotidien, j’ai une fiche avec mes dépenses, les charges incompressibles avec le loyer, l’énergie, le leasing de la voiture, le téléphone… En fait, je sais combien je dépense par mois, donc quelle somme sera dédiée aux vacances.
« Je voyage tout le temps »
Le reste, c’est au petit bonheur la chance. En cas d’imprévu, je réagis. Si je dois acheter des pneus pour ma voiture, ce n’est pas grave, je les achète, c’est la vie. Je me pose la question parfois pour plus tard… Je pense que j’emprunterai en cas de gros coup dur. Je n’ai pas de crédit en cours, avec mon profil de fonctionnaire, la banque accepterait. J’y pense, mais je sais que je me débrouillerai. Je ne suis pas du tout en panique quand je suis à découvert. Je suis locataire de ma maison et de ma voiture, une Mercedes qui roule vite. Je ne fais pas de cadeau de Noël et possède très peu de choses chez moi. J’investis mon argent dans ce que j’appelle « des moments ». Ce que j’ épargne, c’est pour être consommé pour les projets de vacances. Je voyage tout le temps. L’année dernière : Paris, la Réunion, sud de l’Espagne et du Portugal. Je travaille beaucoup, je donne des cours partout. J’adore ce que je fais, c’est une chance.
Avoir de l’argent…ou pas
J’ai un rapport plutôt sain avec les finances. Quand j’en ai, j’en ai. Quand ce n’est pas le cas, ce n’est pas grave. Enfant, il y a eu des périodes compliquées financièrement pour mes parents sans que j’en ai vraiment conscience. Avec leurs revenus instables de commerçants, ils n’en parlaient pas, sans que ce soit tabou. Plus tard, à l’adolescence, j’en avais plus conscience, sans être frustrée. Déjà, je n’étais pas attachée aux choses. On ne partait pas en vacances, les autres oui. À certains moments, ma mère nous disait que c’était compliqué parce qu’il n’y avait pas beaucoup de sous.
Ensuite, j’ai été une étudiante pauvre, avec plein de petits boulots. Pour autant, je mettais déjà tout dans mes voyages. À l’époque, il fallait que je paye mon permis de conduire, mais je voyageais avec cet argent. Espagne, Londres, Amsterdam… Les destinations classiques d’étudiant. Comme j’ai dû me débrouiller toute seule, je ne voulais pas que ma fille fasse la même chose. J’avais envie qu’elle n’y soit pas obligée. Avec son père, nous avons pris en charge ses études, son loyer et son permis. Elle est partie jeune, à 17 ans. Ma politique, c’est vraiment que je ne vais emporter de l’argent dans ma tombe ».
2025-07-27 17:00:00
