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A Lille, on a la cathédrale Notre-Dame de la Treille. Et en dessous, dans la crypte, on a désormais aussi Notre-Dame de Paris. Pas en maquette ni en dessin, en réalité… virtuelle. Sous la forme d’une « expérience immersive » baptisée « Eternelle Notre-Dame ». Un gros casque sur la tête, emmenés par un guide virtuel, on se balade dans le monument le plus visité de France, depuis la pose de sa première pierre, au XIIe siècle, jusqu’à sa réouverture après l’incendie dévastateur de 2019. Sans exagérer, c’est une dinguerie.
A Paris, « Eternelle Notre-Dame » a tourné pendant trois ans et attiré plus de 700.000 spectateurs alors que là-bas, ils ont la vraie cathédrale sous la main. Enfin pas vraiment, parce que l’édifice n’est rouvert au public que depuis septembre dernier après six ans de travaux. C’est d’ailleurs de là qu’est parti le projet, Orange, mécène de la reconstruction, souhaitant permettre la poursuite des visites de Notre-Dame malgré la fermeture. Mais au lieu de proposer une visite virtuelle de la cathédrale dans son état avant le drame, on part du XIIe siècle, lorsque la première pierre a été posée, pour atterrir au XXIe siècle, à la fin du chantier de restauration.
Du Paris moyenâgeux aux XXIe siècle
Les deux années de R & D, la technologie de réalité virtuelle, le scénario et la contribution de spécialistes et d’historiens… On se rend compte du boulot que tout ça a demandé dès qu’on enfile le casque VR. Mais avant, on nous prévient que l’expérience est aussi physique, surtout si on est sensible au vertige ou au mal des transports. Comme on est des oufs, on a activé le mode max de la simulation. Il faut aussi savoir qu’on ne reste pas statiques. On se déplace dans une salle de 400 m2 dont les murs et le sol sont pleins de signes bizarres permettant au casque de se repérer dans l’espace et dans le scénario. Les casques émettent par ailleurs des signaux, matérialisés dans les lunettes par l’avatar de chaque autre visiteur, pratique pour ne se rentrer dedans.
On se lance, pour arriver à l’époque de la construction de Notre-Dame au XIIe siècle. On déambule dans les ruelles du Paris moyenâgeux jusqu’aux abords du chantier. On voit bosser les tailleurs de pierre avant de prendre place sur une plateforme qui nous emmène très haut, sur les échafaudages en bois au niveau de la rosace. Et là, on a vraiment l’impression de monter, incroyable. On marche avec précaution sur les planches disjointes, en levant les pieds pour éviter des obstacles inexistants. On baisse la tête pour ne pas se cogner contre les poutres et on se plie en deux pour entrer dans l’édifice par cette fameuse rosace en construction.
Le cerveau n’y comprend plus rien. Parce que la sensation de vide est bien là, quand on marche sur une poutre à plusieurs dizaines de mètres du sol. On évite les ouvriers qui bossent sur le chantier, on longe les murs instinctivement alors qu’on pourrait très bien passer au travers. Lorsqu’on arrive au grand orgue, on a envie de se poser sur le siège installé face aux cinq claviers, on voudrait s’appuyer sur la balustrade d’un balcon offrant une vue plongeante sur la nef. « Il a fallu intégrer des croix rouges dans le logiciel, parce que des visiteurs pris au jeu tombaient en essayant de s’asseoir ou de s’accouder », nous explique-t-on.
Une expérience incroyable, avec quelques bémols
Une autre plateforme nous élève jusqu’au sommet du clocher, ou l’on découvre la structure en bois servant à amortir les vibrations des immenses cloches. On se balade sur les toits de Notre-Dame avec une vue imprenable sur Paris. Et l’on découvre d’en haut les ravages de l’incendie de 2019. On assiste à des offices d’époque, on croise Napoléon et De Gaulle, on se fait discret lors de la cérémonie en hommages aux victimes des attentats de 2015. Ces 800 ans d’histoire, résumés en 45 minutes, se terminent au milieu des ouvriers qui ont permis de rendre sa superbe à la mère de toutes les cathédrales.
Notre dossier sur Notre-Dame de Paris
Objectivement, le voyage est époustouflant. Mais on a quand même noté quelques bémols, à commencer par le prix, 30 euros tarif plein, 21 euros en tarif réduit. C’est un bon budget si on vient en famille. D’autant que pour suivre le récit du guide et profiter de la visite, il faudrait y aller plusieurs fois. Il y a aussi la jauge qui nous fait un peu peur, entre 30 à 50 visiteurs en simultané. Sachant que pour cette visite presse, nous étions une quinzaine et qu’il y avait parfois des bouchons. Les habitués des jeux sur PS5 seront peut-être un peu déçus par la qualité des graphismes, mais l’expérience immersive reste néanmoins incroyable.
2026-04-12 07:02:37
