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Si vous essayez de la chercher sur Google Earth, vous ne verrez qu’une zone floutée. La navigation et la pêche sont également interdites dans cette zone de même que son survol même si cinq drones y ont été détectés début décembre. Dans la rade de Brest (Finistère), sur un site de plus d’une centaine d’hectares rattaché à la presqu’île de Crozon, se cache la base la plus secrète de France. Une forteresse dans laquelle Emmanuel Macron est attendu ce lundi après-midi pour un discours très attendu sur la question de la dissuasion nucléaire.
L’endroit n’est pas choisi par hasard. Ce petit bout de terre hautement sécurisé est en effet l’un des piliers de la défense française, l’un de ses secrets les mieux gardés. Loin des regards, l’Île Longue est le port d’attache du Triomphant, du Téméraire, du Vigilant et du Terrible, les quatre sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE) français. « Tapis dans l’océan, indétectables, dotés de seize missiles portant chacun plusieurs têtes nucléaires, les 4 SNLE patrouillent successivement pour assurer, depuis 1972, la présence à la mer de la dissuasion nucléaire », précise sur son site le ministère des Armées.
2.500 personnes, militaires et civiles, y travaillent
C’est en 1965 que le général de Gaulle a décidé de faire de l’Île Longue, une île seulement reliée autrefois au continent par un chemin submersible, la base opérationnelle de la Force océanique stratégique française et le « garage » de ses sous-marins nucléaires. Le chantier de construction a duré plus de trois ans et était à l’époque le plus important d’Europe avec plus de 1.500 ouvriers qui se sont relayés quotidiennement pour couler les 300.000 m³ de béton et les 6.000 tonnes d’acier nécessaires à la construction des deux grands bassins de plus de 200 mètres de long.
Près de 2.500 personnes, militaires et civiles, travaillent désormais au quotidien sur cette base qui est surveillée en permanence par 120 gendarmes maritimes avec l’appui de fusiliers marins. Employés et visiteurs doivent montrer patte blanche pour y accéder et doivent laisser leurs téléphones portables et engins connectés dans des casiers avant de passer sous des portiques de sécurité.
Des failles dans la sécurité du site nucléaire
En janvier 2025, le journal Le Monde avait d’ailleurs révélé des failles dans la sécurité du site, des membres d’équipage de sous-marins français ayant fait fuité accidentellement des infos sensibles via l’application de running Strava.
Le 4 décembre dernier, cinq drones ont également été détectés en train de survoler la zone. Une enquête avait été ouverte dans la foulée même si aucune infrastructure sensible n’avait été « menacée », selon le porte-parole du préfet maritime de l’Atlantique.
2026-03-02 11:25:12
