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La plupart ne sont même pas au courant. Il faut dire que la nouvelle n’a pas fait grand bruit. Selon l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (UMIH), le gouvernement fait planer la menace d’une taxe sur les pourboires. Enfin, disons plutôt que le gouvernement, en quête désespérée d’économies et de recettes, envisagerait de remettre en cause l’exonération fiscale et sociale des pourboires, dans le cadre de son projet de budget 2026. Quand on pose la question aux professionnels de la restauration, leur réponse est unanime. « C’est n’importe quoi. Ça ne se fera jamais ! Comment ils veulent nous taxer là-dessus ? C’est que du cash. Ils veulent qu’on déclare quoi ? » ? Serveur dans un restaurant du centre-ville de Rennes, Hugo ne semble pas vraiment inquiet des ambitions du gouvernement. « Je n’y crois pas. Aucun serveur, aucun barman n’acceptera », assure-t-il sans l’ombre d’un doute.
D’après l’UMIH, le projet serait pourtant bien dans les cartons. L’exonération fiscale et sociale en vigueur depuis 2022 pourrait bien sauter. Mais pour quel impact ? « Avant cette loi, on devait déclarer tous nos pourboires au fisc, c’était comme ça », rappelle le barman d’un autre établissement de la capitale bretonne. Le faisait-il ? « Évidemment, comme tous les gens qui bossent dans la restauration », glisse-t-il dans un grand sourire plein d’ironie. Soyons clairs : personne n’a jamais déclaré ses pourboires. « C’est un petit bonus, un truc en plus. Chez nous, ça représente une quarantaine d’euros par mois », explique un barman de la place Saint-Germain, toujours à Rennes.
Impossible de contrôler le cash
Son collègue embraye : « ça me sert à acheter des clopes, à aller boire un coup. Et à filer du pourboire aux autres. » Dans les faits, contrôler cet argent souvent rétribué en pièces et en billets semble impossible. « Même quand c’est par carte, on s’arrange quand on fait la caisse », glisse un barman. C’est un peu comme vouloir contrôler « le black » que se font les artisans.
Dans la capitale bretonne, les fameux « tips », comme l’appellent les Anglais, ne représentent pas grand-chose. « Une cinquantaine d’euros toutes les trois semaines, parce qu’on partage avec le personnel de cuisine. Les habitués laissent parfois quelques pièces. Ce sont surtout les touristes », explique Hugo. Lui qui a travaillé en restauration à Paris sait que la situation dans la capitale française est bien différente. « A Paris, tu peux prendre 100 ou 150 euros par jour quand tu te débrouilles bien ». Son collègue, occupé à écoper l’eau sur des tables gorgées d’eau par la pluie, a ses astuces. « Il faut viser les touristes étrangers. Les Américains, les Russes, les Saoudiens. Eux, ils donnent beaucoup ».
« Une reconnaissance du service »
A Paris, le pourboire représente parfois l’équivalent d’un salaire pour ceux qui travaillent dans les beaux établissements à la clientèle huppée. Pour ceux-là, l’arrivée d’une taxe serait évidemment douloureuse. « Les pourboires ne sont pas un privilège, mais une reconnaissance du service par le client. Les fiscaliser et faire payer des cotisations sociales sur ces gratifications reviendrait à instaurer une taxe sourire », dénonce Thierry Marx, président de l’UMIH, dans un communiqué.
Le grand chef cuisinier sait pertinemment que sa profession est déjà en manque de bras. Alors si en plus on lui enlève l’un de ses seuls avantages… « Si un patron met ça en place, il n’aura personne pour travailler avec lui », assure Hugo. Selon deux enquêtes commandées par l’UMIH et réalisés par Ipsos, « 41 % des salariés de la restauration envisageraient de quitter le secteur » en cas de taxation des pourboires. Et les patrons acquiescent : 92 % des employeurs rejettent l’idée d’une taxation. « Moi, j’ai une solution pour les finances de la France. Plutôt que de taxer ceux qui bossent, on pourrait diviser par deux le salaire de ceux qui nous gouvernent », glisse avec sérieux un serveur.
2025-09-04 04:57:36
