vendredi, mars 27, 2026
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« Au nom de la morale, c’était non »… Pourquoi la décision de la Ligue est une grossière erreur


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On ne peut pas dire qu’on soit surpris, mais quand même, voir la décision entérinée de la sorte a de quoi foutre en rogne. Pour Lens, pour l’idée que l’on se fait d’une course au titre, et pour l’image du foot français tout court, en réalité. La rencontre entre le Racing et le PSG, point culminant d’une magnifique saison de Ligue 1 jusque-là, ne se jouera donc pas le samedi 11 avril, a tranché ce jeudi la LFP selon l’Equipe, accédant à la requête du PSG qui ne souhaitait pas disputer ce match entre ses quarts de finale aller et retour de Ligue des champions contre Liverpool.

Question de saveur

Il y a tant à dire au moment de commenter cet arbitrage que l’on ne sait pas bien par où commencer. Par la LFP qui se tire une balle dans le pied, peut-être ? Car au-delà du cas des Lensois, dont on va reparler, l’organe gouvernant le football français manque terriblement de respect envers sa propre compétition. « Si la LFP ne défend pas la Ligue 1, qui va la défendre ? Si elle ne défend pas la continuité et le respect de ce qu’est la L1, qui va le faire ? », s’interrogeait ainsi le directeur général lensois Benjamin Parrot dans L’Equipe, mercredi.

On peut se poser la question, en effet. Un tel choc dans la première quinzaine d’avril, quand une équipe peut revenir à un point de l’autre (virtuellement), mettre la pression pour le titre et ainsi lancer un sprint final terriblement excitant, aurait eu une tout autre saveur qu’un match placé en milieu de semaine, entre les deux dernières journées, avec un championnat peut-être déjà plié.

Souvenirs d'une belle soirée à Bollaert avec la victoire lensoise contre le PSG lors de la saison 2022-2023 achevée à la 2e place par les Sang et Or.
Souvenirs d’une belle soirée à Bollaert avec la victoire lensoise contre le PSG lors de la saison 2022-2023 achevée à la 2e place par les Sang et Or.  - FRANCOIS LO PRESTI/AFP

Parce que oui, il n’y aura pas d’autres options que de jouer ce match le mercredi 13 mai, entre les 33e et 34e journées. En contradiction, au passage, avec le règlement de la Ligue, dont l’article 528 précise : « En règle générale, sous réserve d’assurer le respect de l’équité et de l’intégrité de la compétition, elle fixera les matchs retour remis […] à la première date disponible et avant les deux dernières journées de championnat. »

Si le PSG se qualifie pour les demi-finales de la Ligue des champions (28-29 avril et 5-6 mai), c’est la seule date possible. A moins que la Ligue ne décide de le placer un mardi soir, le 19 mai (soit trois jours avant la finale de la Coupe de France, si Lens se qualifie), histoire d’embêter les Nordistes jusqu’au bout.

C’est gratuit (et impossible, car on ne peut pas reprogrammer un match après la dernière journée), mais c’est pour souligner le peu de considération de la Ligue envers le RCL. Il n’y a qu’à voir la programmation de la 31e journée annoncée mardi. Les Sang et Or se déplaceront à Brest en ouverture, vendredi 24 avril, alors qu’ils joueront leur demi-finale de Coupe dans la semaine. Il n’y avait absolument aucune nécessité de le placer là, et d’ailleurs, les trois autres demi-finalistes (Toulouse, Nice, Strasbourg) joueront le samedi soir ou le dimanche.

Quoi qu’il en soit, la Ligue et ses dirigeants ont raté une occasion, ce jeudi, de souligner qu’ils font ce qu’ils peuvent pour protéger les intérêts des clubs engagés en Coupe d’Europe, mais sans aller jusqu’à ruiner ce qui les fait vivre au quotidien. Au lieu de ça, ils viennent de flinguer tout ce qui fait le sel du championnat et de donner de nouvelles munitions à ceux qui estiment qu’ils sont aux ordres du PSG et son président Nasser Al-Khelaïfi.

Avec un cynisme de circonstances, le patron lensois Joseph Oughourlian avait dit espérer des « échanges animés » lors du Conseil d’administration devant statuer sur la requête parisienne, comme une preuve que « quand il s’agit d’équité, les idées peuvent se confronter »… tout en ne se faisant que « peu d’illusions ». L’opposant déclaré à Al-Khelaïfi et Labrune savait bien que la bataille était perdue d’avance.

Morale et jeux d’influence

De leur côté, les Lensois peuvent s’estimer lésés par cette décision, eux qui joueront leur saison avec un enchaînement de trois matchs en une semaine (Nantes, PSG et Lyon), après une pause forcée de 15 jours. « Un rythme qui ne correspond pas à celui défini en début de championnat », rappelle le club du Pas-de-Calais. Assez ironique, quand on y pense : ce dernier est contraint à cet enchaînement de matchs… pour éviter à Paris exactement la même chose. A une échelle différente, certes, mais qui correspond à la taille des deux clubs.

« Du point de vue de la morale, la Ligue aurait dû dire non, estime Philippe Sarremejane, professeur universitaire spécialiste de l’éthique dans le sport. Car l’équité sportive est bousculée, et au profit du club qui domine déjà fortement le football français. » Le fait de donner raison à Paris répond à des considérations politiques davantage que sportives, selon lui. « Il y a forcément des jeux d’influence au sein de cette instance [la LFP], comme partout où il y a des enjeux de pouvoir et d’argent. Il y a tellement d’arrière-plans que tout ça est largement biaisé, à mon sens. »

Cette situation fait parler jusqu’en Angleterre, où l’on ne manque pas de rappeler que de tels arrangements n’existent pas.

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A la rigueur, l’argument du « tout pour Paris » dans sa quête de sa première Ligue des champions, la saison dernière, pouvait s’entendre. Mais maintenant que les Parisiens ont remporté cette compétition dont ils rêvaient tant, cet arrangement tacite ne vaut plus. Et puis, c’est aussi dans ces fins de saisons surchargées, où tout se joue à l’énergie, sur la dynamique du moment, que se bâtissent des épopées qui s’impriment dans la grande histoire du foot. Comment on dit, déjà ? « A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire »…

Au final, cette décision est regrettable pour tout le monde, sauf le PSG évidemment. Le match décisif du sprint final va être en grande partie vidé de sa substance. Encore une belle pub pour le football français.





2026-03-26 11:29:41

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