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Près de 18 ans après les faits, l’affaire Bettencourt passionne toujours les foules, comme le prouve la nomination aux César, ce jeudi 26 février du film, « La Femme la plus riche du monde » de Thierry Klifa. ELLE vous raconte le parcours de François-Marie Banier, qui a été condamné en 2016 pour « abus de faiblesse » sur la personne de Liliane Bettencourt, alors la femme la plus riche du monde.
Ce mercredi 29 octobre, sort au cinéma, « La Femme la plus riche du monde » de Thierry Klifa, fiction librement inspirée de l’affaire Bettencourt. Une plongée dans les dessous du scandale qui a poursuivi l’héritière de l’empire L’Oréal jusqu’à sa mort. L’affaire émerge en 2007 quand Françoise Bettencourt-Meyer, la fille unique de l’héritière, commence à suspecter un proche d’abus de faiblesse sur sa propre mère. À l’époque, elle observe d’un très mauvais œil la relation proche qu’entretient Liliane Bettencourt avec l’écrivain et photographe François-Marie Banier. ELLE revient sur l’itinéraire de l’homme derrière le scandale de l’affaire Bettencourt.
Des « largesses extravagantes »
Depuis leur rencontre organisée par l’actrice Arielle Dombasle, la relation de Liliane Bettencourt et François-Marie Banier est devenue de plus en plus étroite. L’homme a côtoyé certains des plus grands noms du milieu artistique, de Salvador Dalí à Louis Aragon, en passant par François Mauriac ou encore Pierre Cardin. Alors en conflit avec sa mère, Françoise Bettencourt-Meyer comprend très vite que sa mère fait de nombreux dons très généreux à ce nouvel « ami ». Pendant douze ans, la femme la plus riche du monde couvre de cadeaux son ami, à travers des dons d’argent, de tableaux ou assurances-vie. Des « largesses extravagantes », comme elles seront qualifiées lors de son procès en appel, qui s’élèvent tout de même à 200 millions d’euros, comme le révèle la série Netflix.
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Des preuves du potentiel abus de faiblesse fuitent alors dans la presse, notamment des enregistrements enregistrés par le majordome qui suspectait également un subterfuge de François-Marie Banier. Pendant un an, du printemps 2009 au printemps 2010, le majordome a enregistré les conversations secrètes tenues par sa patronne avec quelques visiteurs intéressés par son argent. Seul problème, Françoise Bettencourt-Meyers vient de révéler par la même occasion la fraude fiscale et les arrangements politiques obscurs dans lesquels est impliquée son illustre famille.
Dette annulée, séjour en prison évité
Même si le point de départ du scandale est un abus de faiblesse potentiel, les écoutes prennent un tournant politique suite à leur révélation par « Le Point » et « Mediapart » en juin 2010. Les révélations mettent en avant un soupçon de financement illégal de la première campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy. Malgré la polémique, la fille de Liliane Bettencourt et son père persistent et portent plainte contre François-Marie Banier pour abus de faiblesse. Reconnu coupable lors d’un premier procès en 2015, il écope de trois ans de prison dont six mois avec sursis. La justice affirme qu’il doit aussi s’acquitter d’une amende de 350 000 euros et rembourser la famille Bettencourt à hauteur de 158 millions d’euros. Mais un an plus tard, François-Marie Banier fait appel de la décision.
La cour d’appel de Bordeaux reconnaît la culpabilité du prévenu pour « abus de faiblesse » commis au détriment de Liliane Bettencourt. Une décision qui donne raison à la fille de la milliardaire, Françoise Bettencourt Meyers, qui avait enclenché les poursuites contre le photographe. Dans « Le Monde », on peut lire que la cour avait relevé à l’époque que Liliane Bettencourt était bel et bien en état de « particulière vulnérabilité », au regard « de son grand âge, de sa santé physique délabrée (…), de son état dépressif, de sa solitude affective, de ses troubles de mémoire récurrents et, enfin, de sa surdité profonde qui lui fait perdre des informations et corrompt son jugement ».
Une fortune toujours estimée à 60 millions d’euros
La reconnaissance de la culpabilité de François-Marie Banier est toutefois assortie d’une peine qui contraste avec la sévérité de la première. L’homme est condamné à quatre ans d’emprisonnement entièrement assortis du sursis et à une amende de 375 000 euros. Comprenez que le principal intéressé échappe à la case prison et que sa dette est tout bonnement annulée.
Malgré la mansuétude de la justice, l’État a saisi plus de 100 millions d’euros à l’ancien proche de Liliane Bettencourt qui mourra un an après la tenue de ce procès. Une saisie d’argent qui ne le laisse pas pour autant sans un sou puisque sa fortune est estimée à plus de 60 millions d’euros. En toute discrétion, il a poursuivi sa carrière de photographe et a même exposé ses clichés en 2021 au musée Arthur Rimbaud, à Charleville-Mézières.
2026-02-26 18:32:00
