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Fabian comparaissait pour la treizième fois devant un tribunal, mardi 29 juillet 2025, pour avoir conduit son scooter en ayant consommé de l’alcool. Lorsque les gendarmes ont voulu l’arrêter, il a d’abord tenté de prendre la fuite, avant d’être rattrapé. Le quinquagénaire, qui s’avoue alcoolique, a écopé de 16 mois de détention à domicile sous bracelet électronique.
Un prévenu qui remercie le tribunal pour la peine qu’il vient de lui infliger… La scène, suffisamment rare, mérite d’être soulignée. « Je vais pouvoir me faire soigner ! », lance Fabian à ses juges. « Je crois que tout le monde n’attend que ça », lui rétorque la présidente, Virginie Lagarrigue, mardi 29 juillet 2025.
Fabian est en effet alcoolique. Il l’avoue à la barre de la salle d’audience du tribunal judiciaire de Montauban (Tarn-et-Garonne). Il peut en fait difficilement le nier puisque sur ses 13 comparutions devant des magistrats professionnels, 7 sont en lien avec une conduite en état d’ivresse : 2014, 2017, 2018, 2019, 2020 et 2024, avant celle de cette fin juillet.
« Il faut que je me fasse soigner »
Un triste palmarès commencé en 2003 par quinze ans de réclusion criminelle pour un crime sexuel, délivré par la cour d’assises du Gers. « J’ai commencé à boire après ma sortie de cette détention, explique ce père de quatre enfants qui n’en voient plus aucun mais qui vit avec ses 9 chats. Mais à chaque fois que je suis reparti en prison, je n’ai pas pu bénéficier de soin. Et quand on me relâchait, je recommençais à boire. Il faut que je me fasse soigner. »
Le 24 juillet, Fabian, qui a consommé au moins un whisky coca, est au guidon de son scooter vers 18h15 en centre-ville de Valence-d’Agen. Des gendarmes l’aperçoivent en train de zigzaguer, contrôlent la plaque d’immatriculation du deux-roues et se rendent compte qu’il n’est pas assuré. Les militaires veulent donc procéder à un contrôle physique.
« Il aurait pu avoir une simple amende »
Fabien ne l’entend pas de cette oreille. Après un moment où il assure ne pas avoir entendu les avertisseurs sonores ni vu les sirènes du véhicule de gendarmerie, il décide finalement de prendre la fuite. « J’ai fait n’importe quoi, j’ai paniqué quand j’ai compris que j’avais fait un refus d’obtempérer », poursuit-il à la barre. « Si vous aviez accepté le contrôle d’alcoolémie, vous n’auriez pas eu tout ça… », contre la présidente.
Un constat partagé par l’avocate de la défense, Me Marion Delpy. « Il aurait pu avoir une simple amende, il se retrouve avec 3 charges contre lui », se désole la femme de loi. Refus d’obtempérer, refus de se soumettre aux vérifications alcooliques et conduite en état d’ivresse manifeste pour être précis.
« On ne sort pas de l’alcoolisme d’un coup de baguette magique »
Pour autant, elle goûte peu aux réquisitions de Marie Cussigh, auditrice de justice représentant le parquet. Celle-ci sollicite au total 22 mois de prison dont 6 avec sursis probatoire pendant 2 ans, des obligations de soins, de faire 105 heures de travaux d’intérêt général (TIG) et de payer les sommes dues au trésor public. D’autant que la procureure souhaite voir prononcer un mandat de dépôt pour les 16 mois ferme. « Il a eu un comportement irresponsable de A à Z », tonne la magistrate du parquet.
« Je demande une peine mixte mais sans mandat de dépôt parce qu’il ne bénéficiera pas de soin en détention, contredit Me Delpy. On ne sort pas de l’alcoolisme d’un coup de baguette magique. Il y a la possibilité d’une détention à domicile sous surveillance électronique, d’autant qu’il se mobilise pour sortir de votre juridiction », appuie l’avocate, qui espère que les heures de TIG seront revues à la baisse.
Le tribunal coupe la poire en deux. Il prononce le quantum des réquisitions mais ne l’assortit pas d’un mandat de dépôt. Fabian évite donc un retour derrière les barreaux. Il passera 16 mois en détention à domicile sous bracelet électronique.
2025-07-30 11:01:03
