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Dans une petite copropriété de l’impasse Jules-Amilhau, entre La Faourette et Bagatelle, des riverains dénoncent l’installation durable d’un point de deal au pied de leurs maisons. La mairie assure suivre la situation et évoque des solutions en cours pour sécuriser les lieux.
Il est à peine 10 heures et déjà un guetteur est posté à l’entrée de l’impasse. À deux pas d’une école maternelle, les riverains assurent voir défiler les clients du trafic du matin jusqu’au cœur de la nuit. Entre La Faourette et Bagatelle, au fond de l’impasse Jules-Amilhau, une dizaine de maisons composent la petite copropriété des Myrtilles. Ici, les habitants décrivent un quotidien rythmé par les allées et venues des revendeurs, les cris d’alerte à l’approche d’une voiture et les poubelles parfois couchées en travers de la rue pour filtrer le passage. Depuis plus d’un an, disent-ils, le point de deal installé derrière la résidence a profondément bouleversé leur vie.
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« Ils rentrent chez les gens, passent au-dessus des grillages et cachent la drogue dans les jardins », souffle une sexagénaire, bonnet noir vissé sur la tête. Elle habite là depuis plus de vingt ans. Comme d’autres riveraines rencontrées mercredi matin, elle a accepté de témoigner à condition de rester anonyme. « On a peur. En tant que femmes, on a vraiment peur. »
Des « chouffes » présents jusqu’à 3 heures du matin
Au bout de l’impasse, des jeunes en survêtement surveillent les allées et venues. Derrière la résidence, le point de vente. Les « chouffes » filtrent parfois la circulation en allongeant des poubelles au milieu de la chaussée. « Une fois, ils ont même mis un frigo », raconte une voisine. Les transactions s’étalent, selon elles, de la fin de matinée jusqu’à 2 ou 3 heures du matin. « Ils comptent les billets devant l’école », glisse une habitante en désignant la maternelle voisine.
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Les habitants évoquent des intimidations et des agressions. Le mari d’une résidente aurait été giflé. Un retraité aurait reçu « un coup de poing sur le nez ». « Mes enfants me disent d’arrêter de leur parler. ‘Ils vont cramer ta voiture’, ils me répètent », confie l’une d’elles. Dans les jardins, les trafiquants dissimuleraient des doses « dans les égouts, sous les mottes d’herbe »… Les murs ont été tagués à plusieurs reprises avec les tarifs des produits, effacés par les services municipaux.
« La priorité, c’est qu’on les chasse d’ici »
« On se sent abandonné », résume une autre habitante, installée depuis près de quarante ans. Plusieurs courriers ont été adressés à la mairie de quartier et au préfet. Des réunions ont eu lieu avec la police. « Au début, ils venaient souvent. Maintenant, beaucoup moins », estiment-elles. Les riverains réclament la fermeture d’un passage piéton proche et l’installation d’une caméra supplémentaire. « La priorité, c’est qu’on les chasse d’ici. »
Contactée, la maire de quartier Marine Lefevre indique que « les services de la police nationale et de la collectivité se sont rendus à plusieurs reprises auprès des copropriétaires afin d’identifier les solutions permettant de sécuriser l’impasse Jules Amilhau ». La fermeture du passage, réclamée par les riverains, a été envisagée, mais elle suppose que la copropriété se porte acquéreur d’une parcelle appartenant au domaine public. « La collectivité a donné son accord », assure la mairie, mais, « à ce jour, les documents nécessaires n’ont pas été transmis, ce qui bloque l’engagement de la procédure », précise-t-elle.
La mairie rappelle par ailleurs que le secteur est « déjà couvert par cinq caméras » et qu’il fait l’objet d’une « vigilance renforcée » avec des passages réguliers de la police nationale et municipale.
2026-02-16 15:31:02
