vendredi, mars 27, 2026
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La ministre de la transition écologique, Monique Barbut, est-elle vraiment antinucléaire ?


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Depuis plusieurs jours, le nom de la nouvelle ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, a quelque peu animé les cercles complotistes et climatosceptiques, allant jusqu’à coloniser les colonnes de plusieurs titres de presse. L’ancienne présidente du WWF serait antinucléaire.

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« « Une antinucléaire notoire » ? La nomination de Monique Barbut à l’Écologie soulève des inquiétudes », titrait, le 13 octobre, le JDD. Quand Le Point avait, lui, choisi, cinq jours plus tard, de s’interroger : « fausse antinucléaire, vraie pragmatique ? ».

En tant qu’ancienne présidente d’une ONG environnementale, elle serait ainsi dans l’incapacité, selon ses détracteurs, de poursuivre la politique de transition écologique de la France après avoir porté la voix antinucléaire de l’ONG. Deux phrases attribuées lui sont ainsi attribuées et reprochées : celle affirmant que « le nucléaire ne représente pas une source énergétique durable à long terme » ; l’autre appelant « le Parlement européen à ne pas céder à la pression de la France et d’autres pays en acceptant de classer le gaz fossile et l’énergie nucléaire comme durable dans sa taxonomie ».

FAKE OFF

En réalité, à l’origine de cette polémique, une simple note de bas de page issue d’un rapport publié en juin 2023 par le WWF sur le rôle de l’hydrogène dans la transition énergétique. Et quelques lignes extraites du rapport d’activité 2021-2022 de l’ONG (p. 23). Ces deux phrases n’ont donc pas été prononcées directement par Monique Barbut. Elles proviennent de supports de communication édités par le WWF qui reprennent les grandes lignes des politiques portées par l’ONG.

Le 13 octobre, au micro de TF1, la ministre s’était d’ailleurs étonnée d’être taxée d’antinucléaire : « Je ne savais pas, je l’ai appris. » Avant de préciser vouloir se battre pour que « toutes les énergies qu’on peut mettre en place en France qui assurent notre souveraineté nationale soient mises en place ».

Le nucléaire, une énergie non-renouvelable

Au-delà de la polémique, c’est aussi la classification du nucléaire comme énergie non-renouvelable par le WWF qui a généré de nombreux commentaires. Or, selon le Code de l’énergie français, l’énergie nucléaire n’est pas considérée comme une source d’énergie renouvelable en raison notamment de l’utilisation d’uranium pour la fission.

Seules sont catégorisées comme telles « les énergies éolienne, solaire, géothermique, aérothermique, hydrothermique, marine et hydraulique, ainsi que l’énergie issue de la biomasse, du gaz de décharge, du gaz de stations d’épuration d’eaux usées et du biogaz ». L’énergie nucléaire, serait donc « considérée par défaut », comme une source d’énergie fossile, selon le Dictionnaire juridique du changement climatique (Editions mare & martin, 2022). Et ne peut donc, de fait, pas être classée comme énergie durable.

Néanmoins, après d’âpres débats, l’Union européenne a décidé, le 1er janvier 2023, de classer le nucléaire parmi les énergies vertes, et ce malgré de farouches oppositions, parmi lesquelles celle du WWF que présidait, à l’époque, Monique Barbut. Le raccourci était donc aisé.





2025-10-21 09:02:36

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