lundi, mai 11, 2026
AccueilActualitésDécryptage. Datacenters énergivores, besoins en eau... L'IA, un poids lourd pour l'environnement ?

Décryptage. Datacenters énergivores, besoins en eau… L’IA, un poids lourd pour l’environnement ?


#Décryptage #Datacenters #énergivores #besoins #eau.. #LIA #poids #lourd #pour #lenvironnement



« L’IA crée des problèmes et en résout aussi »

Carine Staropoli est professeure d’économie à l’Université de Rouen Normandie et chercheuse associée à la Paris School of Economics, où elle co-dirige la chaire “New Deal Urbain” qui analyse et accompagne les transformations des politiques urbaines face aux défis de la transition écologique, de la numérisation et des nouvelles formes de gouvernance territoriale.

Quels défis pose l’intelligence artificielle en terme d’infrastructures et d’architecture des réseaux ?

« L’IA demande des investissements considérables, si l’on considère l’ensemble de la chaîne qu’elle nécessite. Les datacenters, les réseaux d’approvisionnement en énergie de ces datacenters et, c’est fondamental, les terminaux – ordinateurs et smartphones – qui nous permettent d’utiliser les services d’IA. Ces coûts sont difficiles à chiffrer de façon durable, car ils varient continuellement. L’agence internationale de l’Énergie avance le chiffre de 500 milliards de dollars sur l’année 2024 pour les investissements directement liés aux datacenters dans le monde. »

Les besoins énergétiques de l’IA sont énormes. Quels sont les enjeux aujourd’hui ?

« L’enjeu énergétique se place sur le dimensionnement des réseaux d’acheminement de l’électricité, de l’eau disponible pour le refroidissement des centres qui traitent les données, avec les éventuels conflits d’usage qu’elle engendre et, bien sûr, l’accès aux terres rares pour la fabrication des puces et ordinateurs. La question d’une énergie décarbonée pour l’utilisation de l’IA se pose et, sur la durée, celle de la robustesse des réseaux de fourniture d’énergie des centres de données. On dénombre environ 8 000 datacenters dans le monde à l’heure actuelle, 370 en France. »

« L’IA peut aussi avoir des côtés vertueux » 

L’impact environnemental de l’intelligence artificielle est-il problématique voire inquiétant aujourd’hui ? Comment voyez-vous son évolution dans les prochaines années ?

« Sur ce sujet, je suis très prudente. Plus on fait appel à l’IA, plus les datacenters fonctionnent et plus l’impact sur la biodiversité et l’environnement est grand. Mais si l’IA crée des problèmes, elle en résout aussi. Le traitement à grande échelle des données est également prometteur en matière d’économies d’énergie. Par exemple, lorsque nous utilisons des applications pour gérer notre consommation personnelle sur notre smartphone. L’optimisation du trafic urbain fait aussi partie de ses applications concrètes. Donc elle peut avoir aussi des côtés vertueux. »

Peut-on parler de gains de productivité incontestables grâce à l’utilisation de l’IA et dans quels domaines principalement ?

« Très peu d’études décortiquent ces gains éventuels à l’heure actuelle. Mais on peut citer l’étude France Numérique 2025, réalisée par la BPI (banque publique d’investissement). Ce sondage déclaratif cible les TPE-PME. Il estime les gains de productivité d’une année entre 4 et 9 %, selon l’intensité des usages de l’IA par les entreprises. Cela concerne surtout la création de contenus, les services de relation client et la création de supports. En matière médicale aussi, les apports de l’IA commencent à être très documentés sur l’interprétation des analyses, la radiologie, etc. »

Propos recueillis par Nicolas Pradère



2025-09-30 04:31:00

RELATED ARTICLES

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

- Advertisment -

Most Popular

Recent Comments