vendredi, mars 27, 2026
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Face aux intrusions de drones et Mig-31 russes, « il faut adresser un message de fermeté »


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Après les drones d’attaque en Pologne, les Mig-31 dans l’espace aérien de l’Estonie, voilà maintenant des drones d’observation au-dessus des aéroports de Copenhague et d’Oslo ! Ces drones d’origine inconnue ont bloqué le trafic aérien de ces deux plateformes pendant quatre heures lundi.

Il s’agit de « l’attaque la plus grave contre une infrastructure critique » au Danemark, a réagi la Première ministre du royaume dans un communiqué. Si le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a assuré que la Russie n’était pas impliquée dans ce survol de drones, tous les yeux sont évidemment tournés vers Moscou.

« Des phases d’intrusion qui s’accélèrent »

Comment répondre à ces intrusions dans l’espace aérien de membres de l’Otan, visant à tester la défense de l’Alliance atlantique ? Mardi soir, Donald Trump a donné son feu vert aux membres de l’Otan pour détruire les avions et drones russes qui pénétreraient dans leur espace aérien.

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Plus tôt dans la journée, les 32 pays alliés avaient déjà annoncé qu’ils « emploieront, dans le respect du droit international, tous les outils militaires et non militaires qu’ils jugeront nécessaires pour se défendre et pour écarter toutes les menaces, d’où qu’elles viennent ». Lundi, le Premier ministre polonais Donald Tusk avait, lui, annoncé que la Pologne n’hésiterait pas à abattre tout objet qui « violerait notre territoire et survolerait la Pologne ». Bref, l’Otan hausse clairement le ton face à l’agitation Russe.

Contacté mardi par 20 Minutes, Guillaume Lasconjarias, historien militaire et professeur associé à l’université Paris-Sorbonne, rappelle que « ces phases d’intrusion d’aéronefs russes dans l’espace de l’Otan, ne sont pas nouvelles, mais elles s’accélèrent. Et depuis quelques jours, la séquence est encore différente, car nous avons beaucoup de cas dans un temps très restreint, et cela inquiète. Je pense surtout à l’intrusion des drones en Pologne qui, par leur nombre et la distance parcourue à l’intérieur du pays, représente une réelle nouveauté. »

Pour l’historien, « Il y a une réelle volonté de tester notre réaction. » A-t-elle d’ailleurs été trop passive ? « Je ne le pense pas. L’Otan montre au contraire qu’elle est capable de réagir assez rapidement à ce genre d’attaque, via sa police du ciel permanente dans les pays baltes, qui a fonctionné avec l’interception d’un Mig-31 par un F-35 italien. Vis-à-vis des drones, nous sommes en train de muscler le flanc est avec l’opération Sentinelle orientale. Mais l’Otan reste dans une posture défensive, pas agressive. »

L’analyste géopolitique Louis Duclos se réjouit de son côté du « durcissement du traitement réservé aux chasseurs russes violant nos espaces aériens », après la déclaration du président américain. « S’il faut bien entendu tout faire pour éviter une escalade aux conséquences potentiellement funestes, il faut aussi adresser un message de fermeté à la Russie, explique-t-il à 20 Minutes. Si on l’avait fait dès le début, il n’y aurait pas eu de drones qui auraient survolé la Pologne, ni de chasseurs qui se seraient approchés à 10 km de Tallinn. »

La solution de « l’escalade horizontale » ?

La question de savoir s’il fallait abattre un des Mig-31 qui ont violé l’espace aérien estonien, fait débat depuis quelques jours. Pour Guillaume Lasconjarias, « ces avions de chasse avaient potentiellement des missiles air-air, ils ne menaçaient donc pas directement des cibles à terre », et il n’était pas nécessaire de frapper. Etienne Marcuz, analyste sur les armements stratégiques, explique à 20 Minutes qu’« il y avait matière à se plaindre, à éventuellement tirer des coups de semonce, mais pas à abattre ces avions ».

Louis Duclos estime toutefois que « si cela se répète, il faudra, si ce n’est les abattre, leur faire passer un avertissement suffisamment fort pour les dissuader de continuer à tester nos limites. » « On ne peut pas accepter que des avions russes violent ainsi l’espace aérien d’un membre de l’Otan », ajoute-t-il. Mais la possibilité de tirer sur un de ces chasseurs n’est donc plus totalement à exclure, non plus. « Et si demain on abat un avion russe, bien entendu cela va créer une crise sans précédent, cela va parler d’arme nucléaire, de troisième guerre mondiale, mais cela n’arrivera pas, car actuellement la Russie n’est pas capable de se battre contre l’Otan, en tout cas tant que nous bénéficions du soutien américain. »

« Tout l’enjeu est de gérer l’escalade, et d’adresser la réponse proportionnée, analyse de son côté Guillaume Lasconjarias. Il existe des phases de gradation face aux menaces aériennes, puisque l’on peut se rapprocher, communiquer, illuminer et faire des tirs de semonce. Il est important de conserver une forme de mesure et surtout garder la tête froide dans ces cas de figure, car en cas de mesures disproportionnées, les conséquences peuvent être, elles aussi, très disproportionnées. » Pour l’historien militaire, l’Otan pourrait aussi « répondre par l’escalade horizontale », en donnant par exemple « davantage de moyens de défense aérienne à l’Ukraine. »

La Russie teste l’Allemagne, bientôt la France ?

Que vise la Russie en multipliant ainsi les incursions dans l’espace aérien de l’Otan ? « La Russie sait très bien que si elle s’attaque à l’Otan unie, elle ne peut rien faire, estime Etienne Marcuz. L’idée est donc de chercher les points de faiblesse, et voir si éventuellement un allié ne soutiendrait pas telle ou telle action. » La Russie « teste aussi les procédures, le temps de réaction de nos appareils, poursuit Etienne Marcuz. Ainsi, si elle veut lancer une action, elle connaîtra les points de faiblesse du dispositif le jour J. »

Notre dossier sur la Guerre en Ukraine

Reste à savoir si ces intrusions vont se poursuivre, et de quelle manière. « Cela va se poursuivre sans aucun doute, nous n’avons pas atteint le « climax » de la crise, d’où la nécessité d’avoir une réponse adaptée, mais ferme. »

« Des drones qui traversent la frontière, des avions qui violent l’espace aérien, cela va se produire à nouveau, c’est certain, ajoute Louis Duclos. La Russie a par ailleurs la capacité de lancer des drones d’observation depuis la mer, via des navires espions. Elle le fait régulièrement contre l’Allemagne, qui ne réagit pas, et pourrait très bien le faire contre la France, à la différence que notre aéronavale ne laisserait pas faire. »





2025-09-24 05:20:38

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