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A Marseille,
Sous le soleil, les premières notes de musiques éclatent. En haut de la Canebière, au niveau de l’église des Réformés (1er), les manifestants affluent pour participer au mouvement « Bloquons tout » organisé ce mercredi 10 septembre. Les tubes du chanteur portoricain Bad Bunny fait bouger les épaules sous les chasubles CGT. Si ce matin, plusieurs petits groupes ont parcouru la ville dès l’aube pour provoquer des blocages éphémères, le rendez-vous principal de la mobilisation était donné à 10 heures, en haut de l’avenue la plus célèbre de la cité phocéenne.
Atelier d’expression
Autour du kiosque à musique, des ballons et des guirlandes de tracts « On n’en veut plus » décorent la place, à l’instar d’un goûter d’anniversaire. « L’idée, c’est d’organiser un premier village, d’être solidaires mais dans une ambiance festive », indique Louis, qui accueille au niveau du point d’information. A quelques mètres, un stand propose plusieurs moyens d’expressions libres. « Ici, on recueille les doléances, qui au bout de sept ans sont devenues des exigences », expose Victoire, salariée dans le secteur associatif. Elle montre du doigt un carnet déjà bien rempli.
A l’aide de post-it, les manifestants sont également invités à déposer leurs constats et leurs solutions pour une démocratie qui fonctionnerait mieux. Interdiction des paradis fiscaux, taxer les riches, aider les aidants… Plusieurs pistes sont déjà amorcées. L’objectif : « faire fonctionner l’intelligence collective et dégager des pistes pour l’AG de ce soir ». Car l’autre temps fort de la journée, c’est un repas solidaire et une assemblée participative prévue à 19 heures. Derrière elle, des chaises sont placées en cercle pour accueillir au fil de la journée des « débats populaires ».
« On va t’embêter »
Des familles ont fait le déplacement pour cette journée de mobilisation, casque antibruit sur les oreilles et poussettes décorées de drapeaux. Un autocollant « CGT éducation » a même trouvé sa place sur un body. « Macron, on va t’embêter », pense à inscrire une fillette qui s’installe feutre en main, déterminée à participer à l’atelier de fabrication de pancartes. Il est aussi possible d’écrire une « lettre au père Macron », variante militante du père Noël.
Nicolas est venu avec son épouse et ses deux filles. « On a eu un peu de mal à expliquer aux enfants pourquoi on se mobilise tellement les raisons sont multifactorielles », sourit ce médecin. Il dresse une longue liste de griefs : casse des services publics, notamment à l’hôpital ou dans les écoles, absence de changement de politique d’Emmanuel Macron malgré les mobilisations, montée de l’extrême droite et du racisme… « Chaque fois qu’on manifeste, on emmène les filles, explique ce père. Cela fait partie de leur éducation citoyenne ».
« Zumbayrou »
En parallèle du cortège classique, le « village » prend des allures de kermesse. Une petite estrade a d’ailleurs été installée, décorée d’une boule disco. La scène propose un programme pour toute la journée, animé par des citoyens motivés : quiz, chorale révolutionnaire et loto « tax the rich ». Face à la scène, un couple de jeunes actifs écoute le passage de la « fanfare des luttes ». Entre deux coups de trompettes et de cor, Hana et Ruben partagent leurs inquiétudes concernant le réchauffement climatique, la situation à Gaza et la xénophobie ambiante. « Depuis le début du premier mandat d’Emmanuel Macron, nos revendications ne sont pas écoutées. On a gagné les élections législatives mais le gouvernement n’est toujours pas à gauche », souligne Hana.
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Mais déjà, c’est l’heure d’un atelier très attendu : la ZumBayrou. « Des mouvements de zumba inspirés de la vie politique », précise l’une des animatrices, préposée au cours de fitness. « L’idée était d’avoir un lieu en retrait, pour que tout le monde puisse participer sans être forcément dans le cortège, et que ça reste festif », ajoute-t-elle, embrassant du regard le village. Sur un son latino, les participants miment un strike comme au bowling ou tendent leurs mains pour « rendre l’argent ». Au moment des montées de genoux, le cours est perturbé par une épaisse fumée noire et l’odeur âcre des lacrymogènes : plusieurs feux de poubelles ont été allumés sur le boulevard voisin.
2025-09-10 14:07:35
