mercredi, mars 25, 2026
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En dégommant le macronisme, le ministre de l’Intérieur est-il allé trop loin ?


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En pleines vacances estivales, Bruno Retailleau est-il sur le départ ? Le ministre de l’Intérieur a envoyé quelques missiles dans une interview explosive à Valeurs Actuelles mise en ligne mardi soir. « Le macronisme s’achèvera avec Emmanuel Macron, tout simplement parce que le macronisme n’est ni un mouvement politique ni une idéologie : il repose essentiellement sur un homme. Je ne crois pas au  »en même temps », car il alimente l’impuissance », a notamment éreinté le patron des Républicains. Des déclarations qui ont excédé les premiers concernés. « Ces propos sont, une fois de plus, inacceptables […] Être membre du gouvernement sous l’autorité du président de la République est une responsabilité particulièrement lourde qui ne tolère ni les provocations, ni les petits calculs politiques », a réagi le parti Renaissance, dirigé par Gabriel Attal. Avec cette énième polémique, Bruno Retailleau est-il cette fois allé trop loin pour les macronistes ?

« Son maintien en poste se pose »

Car Bruno Retailleau n’en est pas à son coup d’essai. Le Vendéen multiplie les déclarations fracassantes et les critiques ces dernières semaines. Il n’hésite pas à menacer aussi de quitter le gouvernement en raison de divergences sur les tensions avec l’Algérie ou la proportionnelle. « Il joue sa carte personnelle pour 2027 et cherche à tirer parti de sa visibilité au ministère de l’Intérieur, mais il ne peut pas l’être à mi-temps… Son irrespect pour le président de la République est allé trop loin, la question de son maintien se pose », s’agace Olga Givernet, députée Renaissance de l’Ain. « Je ne me sens ni l’associée, ni l’alliée de la famille LR. On est dans une forme de coalition, mais quand Retailleau dit quelque chose, je ne me sens pas engagé par ses propos », déplore une autre élue macroniste.

Le ministre d’Emmanuel Macron dit vouloir garder son indépendance face au chef de l’Etat, avec en tête, bien sûr, la présidentielle 2027. « Ce n’est pas le seul à critiquer le macronisme. Qu’a-t-il fait de plus que Sophie Primas ? », s’amuse le sénateur LR Marc-Philippe Daubresse, alors que la porte-parole du gouvernement avait, elle aussi, annoncé la mort du macronisme. « Le gouvernement en place n’est pas celui de Macron, c’est une cohabitation imposée par la dissolution. Bruno Retailleau continue d’exprimer ses désaccords structurels avec Macron, ce qu’il a toujours fait », balaie ce proche du ministre.

Mais les tensions n’ont jamais été aussi fortes et menace désormais de faire exploser le fragile alliage tenté par François Bayrou pour gouverner sans majorité à l’Assemblée nationale. « Pourquoi les collègues sont aussi susceptibles ? », ironise Anne-Laure Blin, députée LR de Maine-et-Loire. « Je les invite à aller sur le terrain se reconnecter avec les Français s’ils pensent que leur bilan est si positif. Bruno Retailleau est dans le socle gouvernemental, mais garde sa liberté de parole. On ne va pas en faire tout un plat », soupire l’élue de droite.

« Il nous prépare une Ciotti »

Mais ce « en même temps » agace au sein des macronistes. D’autant que l’ancien directeur du Puy du Fou tente de chasser sur les terres du Rassemblement national. Une « provocation » de plus pour les soutiens d’Emmanuel Macron, élu deux fois face à Marine Le Pen au second tour de la présidentielle. « Son détachement du socle commun est aussi gênant que ses appels du pied aux électeurs RN. On dirait qu’il nous prépare une Ciotti (qui s’était allié avec le parti de Jordan Bardella). Il faut un recadrage du Premier ministre », insiste Olga Givernet. L’intéressé devrait rencontrer François Bayrou ce jeudi soir à Matignon. Pour un recadrage en règle ? « Je suis toujours prêt à discuter », a souri Bruno Retailleau, ce jeudi lors d’un point presse en marge d’un déplacement dans un commissariat parisien. La discussion avec Emmanuel Macron, prévue avant la polémique, a, elle, été reportée. « Cette rencontre sera sans doute remise parce qu’on a avec le président un certain nombre de sujets dont on doit parler, peu importe la date, ou l’heure… », a ajouté le ministre de l’Intérieur. L’implosion du bloc commun n’est peut-être pas pour toute de suite, mais l’incident semble avoir laissé des traces.



2025-07-24 15:32:13

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