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Une cellule psychologique a été ouverte à Bobigny pour accompagner les familles, après la mort par noyade d’un enfant de sept ans en colonie de vacances. Focus sur la notion de « traumatisme collectif ».
Cet été, un nombre inquiétant d’enfants ont perdu la vie par noyade. Entre le 1er juin et le 23 juillet, 193 personnes sont mortes dans l’eau, soit une hausse de 45 % en un an, selon Santé publique France. Depuis, les drames se multiplient. Parmi les victimes, un enfant de sept ans qui séjournait dans un centre de vacances, appartenant à la ville de Bobigny et situé dans le département de l’Allier, décédé vendredi 15 août lors d’une sortie dans une plaine de jeux à Moulins.
Pour faire face au « traumatisme collectif » lié à ce décès, une cellule psychologique a été ouverte à l’hôpital Avicienne, destinée aux familles touchées par la mort du petit garçon. La mairie de Bobigny souhaite également qu’un tel dispositif soit mis en place pour accompagner en interne les équipes de la ville. « C’est vraiment un traumatisme collectif, indique la municipalité dans les colonnes du “Parisien”. Toute la chaîne est impactée. »
Qu’est-ce que des « blessures psychiques collectives » selon le gouvernement ?
Si l’expression « traumatisme collectif » est ici employée sans définition légale, elle fait référence au concept de « blessures psychiques collectives », reconnu par l’État dans des contextes de catastrophes, qui conduisent à la mise en place de cellules d’urgence médico-psychologique (CUMP). « Les chocs psychiques issus d’une attaque terroriste ou d’un drame accidentel nécessitent une prise en charge spécifique et la réparation des conséquences traumatiques qui en découlent, indique le gouvernement sur son site. Les attentats comme tous les drames vécus par les victimes et leurs proches occasionnent, en effet, des blessures physiques et des blessures psychiques individuelles ou collectives, immédiates ou différées, aiguës ou chroniques. »
Des blessures qui nécessitent des soins d’urgence avec l’intervention rapide de médecins psychiatres, de psychologues et d’infirmiers formés et intégrés aux unités d’aide médicale urgente (SAMU-SMUR). Ces prises en charge ont pour objectif d’éviter l’installation des troubles de stress post-traumatique.
Comment les médecins psychiatres définissent le « traumatisme collectif » ?
Dans un document publié par la Société Française de Médecine d’Urgence en 2007, les médecins psychiatres expliquent que le traumatisme ou choc psychique est « par définition une affaire purement individuelle ».
Néanmoins, dans un contexte d’accident collectif ou de catastrophe, « on constate que toutes les victimes, et même tous les impliqués, sauveteurs compris, ont vécu et vivent quelque chose de commun à tous : la vision horrifiante des cadavres, des blessés et des destructions, l’immersion dans un monde cauchemardesque opposé au monde paisible de l’existence habituelle, le contact avec sa propre souffrance psychique ou celle d’autrui, la prise de conscience de la gravité exceptionnelle de la situation, le décontenancement et le désarroi – même brefs – face à ce désordre qu’il faut résoudre. »
Dans ce type de drames, chacun ressent une atteinte profonde de son sentiment d’appartenance. En effet, notre identité sociale se compose de deux dimensions : d’une part le « moi individuel », lié à nos projets, nos intérêts et notre vie personnelle ; d’autre part le « moi communautaire », ce sentiment, souvent diffus, d’appartenir à un groupe ou à une collectivité. Ainsi, dans ces situations collectives, c’est surtout le « moi communautaire » qui est touché, au-delà même de la souffrance vécue par chaque victime à titre personnel.
2025-08-19 13:37:00
