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La pratique est sans doute aussi ancienne que les auberges et les restaurants. Mais elle possède sa propre expression depuis le milieu des années 2010, signe qu’elle est de plus en plus répandue, en raison notamment de la chute du pouvoir d’achat des Français. Le resto-basket (comme les chaussures, pas le sport), consiste partir en courant sans avoir réglé l’addition.
« Un fléau », s’agace le restaurant Marius à Pornic (Loire-Atlantique), dont la publication sur les réseaux sociaux est largement commentée. « Faut-il, nous aussi, passer à un système où l’on paie avant de manger ? Comme dans une chaîne de fast-food », s’interroge le restaurateur. Un système mis en place par d’autres secteurs d’activité, comme les stations-service.
Parfois le resto-basket n’est pas seulement une façon de manger à l’œil, mais aussi de se fixer une sorte de défi collectif, au détriment du restaurateur. Outre l’aspect immoral de l’affaire, c’est surtout strictement interdit par la loi. Partir sans payer d’un resto, d’un hôtel (pour les séjours de moins de dix jours) ou d’un taxi expose à une amende. Il s’agit en effet d’un délit de filouterie et non d’un vol.
Jusqu’à six mois de prison et 7.500 euros d’amende
La différence entre les deux est importante, car les conséquences juridiques ne sont pas les mêmes. Dans le cas de la filouterie, « l’auteur doit s’être fait servir et non se servir lui-même », explique le site du Service public. Prendre de l’essence en libre-service à la pompe sans payer est donc un vol par exemple. « La filouterie est proche de l’escroquerie, mais cette dernière concerne des faits plus graves », précisent les services de l’Etat. « C’est de l’escroquerie si l’auteur use de manœuvres frauduleuses, c’est-à-dire s’il ment pour tromper ses victimes. »
Pour être condamné, l’auteur du délit doit réunir les trois conditions suivantes : avoir utilisé le service d’un professionnel, savoir qu’il est incapable de payer ou être délibérément décidé à ne pas payer ce service, être de mauvaise foi, c’est-à-dire n’avoir jamais eu l’intention de payer. Son auteur risque jusqu’à six mois de prison et 7.500 euros d’amende.
Notre dossier sur la restauration
L’auteur du délit peut également être condamné à indemniser la victime en payant des dommages-intérêts. En revanche, les commerçants n’ont pas le droit d’afficher sur leurs vitrines ou les réseaux sociaux le visage non flouté des clients fraudeurs, capturés par les caméras de vidéosurveillance. Dans ce cas, le commerçant risque jusqu’à 15.000 euros d’amende pour non-respect du droit à l’image.
2025-08-13 12:15:20
