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Le locataire de la Maison-Blanche veut durcir les conditions d’accès au vote et renforcer les contrôles avant les « midterms » de novembre. Un projet controversé qui se heurte toutefois à plusieurs obstacles politiques et juridiques.
À quelques mois des élections de mi-mandat, Donald Trump veut changer les règles du scrutin américain. Jeudi 16 juillet, au cours d’une allocution télévisée de 25 minutes, le président américain a une nouvelle fois dénoncé l’élection de 2020 qu’il estime lui avoir été volée par Joe Biden, malgré l’absence de preuves de fraudes massives. Une conviction qui le pousse aujourd’hui à vouloir durcir les conditions d’accès aux urnes, en limitant notamment le vote par correspondance et en imposant une preuve de citoyenneté aux électeurs.
Depuis plusieurs mois, Donald Trump presse le Congrès d’adopter le SAVE America Act (« Safeguard American Voter Eligibility », « protéger l’éligibilité des électeurs américains« , en français), un texte présenté comme un moyen de garantir « l’intégrité » des élections et d’empêcher toute fraude. Mais ses opposants y voient surtout une réforme susceptible de compliquer l’accès au vote pour une partie des Américains.
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Que contient cette réforme ?
Concrètement, il obligerait les nouveaux électeurs à présenter un document prouvant leur citoyenneté américaine avant de pouvoir s’inscrire sur les listes électorales. Dans un pays où il n’existe pas de carte nationale d’identité, cela pourrait passer par un passeport, un certificat de naissance ou encore des documents de naturalisation.
Donald Trump veut également limiter drastiquement le vote par correspondance, qui ne serait plus autorisé que dans des situations exceptionnelles, comme une maladie, un handicap ou un déplacement militaire. Lors de la présidentielle de 2024, près d’un électeur américain sur trois avait pourtant utilisé ce mode de scrutin, selon l’organisme Pew Research Center. En 2025, près d’un Américain sur deux ne possédait pas de passeport, rappelle le Washington Post, et son obtention peut coûter jusqu’à 160 dollars (soit 140 euros). À cela s’ajoute le fait que seuls cinq États délivrent un permis de conduire renforcé (« Enhanced Driver’s License »), reconnu comme une preuve de citoyenneté, rappelle l’Associated Press.
Depuis près de six ans, Trump affirme que des non-citoyens votent illégalement et que le vote par correspondance favorise les irrégularités. Or, ces accusations n’ont jamais été étayées par la moindre preuve. Après la présidentielle de 2020, des dizaines de recours en justice, plusieurs audits et enquêtes officielles n’ont pas permis de révéler la moindre trace de fraude d’une ampleur suffisante pour modifier le résultat de l’élection. Les spécialistes du droit électoral soulignent également que les cas de non-citoyens votant aux élections fédérales restent extrêmement rares.
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Peut-il vraiment modifier les règles avant les élections ?
Si, sur le papier, Donald Trump affiche sa détermination, dans les faits, sa marge de manœuvre est bien plus limitée. Aux États-Unis, l’organisation des scrutins relève avant tout des États, qui fixent les modalités d’inscription sur les listes, les conditions de vote ou encore les procédures de dépouillement. Le gouvernement, lui, ne peut intervenir que sur certains aspects, généralement par l’intermédiaire du Congrès.
C’est là que le « SAVE America Act » se heurte à un premier obstacle. S’il a bien été adopté par la Chambre des représentants, le texte attend toujours d’être examiné par le Sénat. Or, malgré leur majorité, tous les républicains ne sont pas convaincus par la réforme. Certains s’inquiètent notamment des restrictions prévues sur le vote par correspondance, largement utilisé y compris dans plusieurs États conservateurs.
Même si ces obstacles étaient levés, un autre défi resterait entier : le temps. À quelques mois seulement des élections de mi-mandat, les cinquante États devraient adapter leurs procédures d’inscription, mettre à jour leurs systèmes informatiques, former les agents électoraux et informer des millions d’électeurs des nouvelles règles. Un chantier colossal que de nombreux spécialistes du droit électoral jugent difficile, voire impossible, à mener avant le scrutin de novembre.
2026-07-21 06:31:03
