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Leurs avocats ont eu beau contester, plusieurs Toulousains ont été transférés dans le nord de la France et incarcérés à Vendin-le-Vieil, la prison ultra-sécurisée réservée aux trafiquants de drogue. Les avocats préparent leur contre-attaque.
Le débat, à la prison de Villeneuve-lès-Maguelone, s’est déroulé sans incident. Et quand l’information d’un premier vol nocturne, vers le nord de la France, a parcouru les taules du sud, ce garçon a probablement cru échapper au transfert. « Ils l’ont sorti de sa cellule dans la nuit de dimanche à lundi 4 août. Cagoule, lunettes opaques, casque sur les oreilles… Il ignore si d’autres détenus l’accompagnaient. Il se trouve depuis à Vendin-le-Vieil. »
Me Alexandre Parra-Bruguière a échangé avec cet homme de 39 ans, originaire de Toulouse, impliqué de longue date dans le transport de drogue. « Mais jamais impliqué dans un crime de sang », précise son défenseur.
À Vendin, dans ce centre de détention présenté comme ultra-sécurisée, il se retrouve seul, en cellule. « Ce sont de petits blocs isolés. Une cellule individuelle et quatre autres détenus par bloc. Aucun contact ni relation, excepté deux heures de promenade, toujours avec les mêmes cinq personnes », confie son avocat.
Menace sur le procès de novembre ?
Sa famille ? « A 800 km, comment fait-on ? Il dispose de deux appels hebdomadaires de 2 heures, depuis une cabine, sur des numéros vérifiés à l’avance », prévient Me Parra-Bruguière. En cas de visite au parloir, une vitre de séparation est prévue, sauf pour les plus jeunes enfants.
Quant aux rapports avec son défenseur, les choses se compliquent. « Il devait être auditionné ce jeudi par la juge d’instruction, depuis Toulouse. Je n’ai pas pu m’entretenir avec lui avant. Il a donc refusé de répondre aux questions. La loi autorise désormais les auditions par visioconférence, mais cela ne doit pas compromettre les droits de la défense. »
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Ces droits, le bâtonnier Dunac les qualifie de « bafoués ». « Un procès est programmé en novembre sur un important trafic de stupéfiants devant la cour d’assises spécialement constituée de la Haute-Garonne, à Toulouse. Ce genre de dossier ne peut être préparé en quelques minutes par téléphone. S’il n’est pas ramené suffisamment tôt sur la région toulousaine, je refuserai qu’il comparaisse », menace Me Pierre Dunac.
Son client, figure de la drogue connection des Izards, a rejoint le Nord une semaine plus tôt. « De nuit, dans un avion militaire, entravé aux mains et aux pieds, privé de vue et d’audition pendant 12 heures. Des méthodes inhumaines, dignes d’une autre époque, dénonce le bâtonnier. Ce scandale est d’autant plus grand que cet homme, mis en examen dans plusieurs affaires, conteste toute implication. Il bénéficie de la présomption d’innocence, une notion importante que n’est pas seulement réservée à la ministre de la Culture ! »
Recours prévus
Les avocats toulousains vont déposer des requêtes devant le juge des libertés et de la détention, celui de Toulouse demeure compétent, et devant le tribunal administratif. Le juge des libertés et de la détention possède la capacité de dénoncer les conditions indignes mais « l’administration pénitentiaire peut ne pas en tenir compte », prévient Me Parra-Bruguière. Et devant le tribunal administratif, un recours contentieux, « c’est au moins 18 mois d’attente », se lamente le bâtonnier Dunac.
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Une autre question trotte dans la tête de nombreux avocats : « Combien coûte ce cirque ? » « Une fortune au service d’une politique populiste, râle le bâtonnier Dunac. La justice ordinaire souffre. Les justiciables attendent des mois pour divorcer ou régler un contentieux mais le garde des Sceaux préfère investir en frais d’avion et service de haute sécurité pour transférer 88 personnes. C’est ridicule ». Et Me Parra-Bruguière enchaîne : « Cette décision de transfert de tous ces détenus est la quintessence d’une décision politique inique qui ignore la réalité du terrain ! »
2025-08-11 06:36:19
