vendredi, juillet 17, 2026
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Ossements, « acte abominable », soulagement… Retour sur une journée décisive


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Cinq ans et demi après la disparition de Delphine Jubillar, l’enquête a connu une journée décisive ce jeudi. Au lendemain de ses aveux devant la justice, Cédric Jubillar a conduit les gendarmes sur le lieu où il affirme avoir déposé le corps de son épouse. Des ossements susceptibles d’être humains y ont été découverts, à une douzaine de kilomètres d’Albi. Leur identification doit désormais permettre de déterminer s’il s’agit des restes de l’infirmière de 33 ans, disparue dans le Tarn durant la nuit du 15 au 16 décembre 2020.

Parmi les éléments retrouvés figureraient deux fémurs, selon un avocat des parties civiles. Les ossements doivent être acheminés vers le laboratoire de l’Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale, à Pontoise, afin d’être analysés. Le procureur général de la cour d’appel de Toulouse, Nicolas Jacquet, a confirmé qu’ils avaient été découverts à l’endroit indiqué par Cédric Jubillar. Jeudi après-midi, le lieutenant-colonel Stéphane Meyblum, commandant en second du groupement de gendarmerie du Tarn, a précisé que les fouilles se poursuivaient.

Des aveux actés par la justice

Cette journée de recherches intervient après l’audition de Cédric Jubillar, mercredi, au palais de justice de Toulouse. Extrait de la maison d’arrêt de Seysses à sa demande, le peintre-plaquiste de 38 ans a reconnu avoir commis « un acte abominable ». Selon son avocat Pierre Debuisson, il a fait pendant une heure et demie « des déclarations spontanées pour livrer la vérité de façon absolue ». Il est également revenu sur les circonstances des faits et sur les fortes tensions qui traversaient le couple, alors en instance de divorce.

« Il a été entendu par la présidente de la cour d’assises qui a acté ses aveux. M. Jubillar a indiqué précisément le lieu où il a déposé le corps », a confirmé Chantal Ferreira, première présidente de la cour d’appel de Toulouse. Ce changement de version avait commencé le 6 juillet, lorsque ses avocats avaient révélé un courrier dans lequel il reconnaissait pour la première fois sa « responsabilité » dans la mort de Delphine Jubillar. Condamné à 30 ans de réclusion en octobre par les assises du Tarn, il avait jusque-là toujours clamé son innocence.

Soulagement pour les enfants, un procès incertain

Pour expliquer ces années de dénégations, Pierre Debuisson décrit « un mensonge dans lequel il va s’enferrer, et duquel il aura beaucoup de mal à s’extirper », tout en évoquant « depuis le début, un besoin et une envie de parler ». Cédric Jubillar a également parlé de « l’élément déclencheur » qui aurait conduit à un « passage à l’acte irréfléchi ». Jusqu’à ses aveux, le dossier reposait sur un faisceau d’indices concordants, sans corps ni preuve formelle. Durant l’été 2025, une ancienne compagne avait toutefois rapporté aux enquêteurs qu’il lui avait confié avoir étranglé son épouse, avant de transporter puis de brûler son corps.

Notre dossier sur l’affaire Jubillar

Pour Laurent Boguet, avocat des enfants du couple, la découverte constitue un « soulagement » susceptible de permettre une sépulture, un deuil et d’apporter des réponses, notamment à Louis, qui avait six ans au moment de la disparition de sa mère. Les aveux « éclairent différemment le dossier », après « les tergiversations et les mensonges », estime-t-il. Ces nouveaux éléments rendent cependant incertaine la tenue du procès en appel, programmé à partir du 21 septembre devant la cour d’assises de Haute-Garonne. Les avocats de la défense jugent « impossible » qu’il se déroule comme prévu, une position partagée par l’avocat des enfants.



2026-07-16 21:37:06

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