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À bout de forces après plus de trois ans de procédure, une mère de famille a entamé une grève de la faim devant le tribunal de Nice. Elle réclame l’expulsion du squatteur de son appartement, face à une justice qui tarde à rendre son délibéré.
Sur sa pancarte, Bella Guilaine a résumé sa détresse en quelques mots percutants : « Grève de la faim. Seule avec mes quatre enfants, j’attends toujours le délibéré [concernant] le squatteur de mon appart. Trois ans et deux mois que ça dure. Je n’en peux plus ».
Ce mardi 7 juillet 2026, cette Niçoise de 42 ans s’est installée sur le parvis du palais de justice de la ville préfecture des Alpes-Maritimes et a entamé ainsi une grève de la faim. « Je ne veux plus être une victime, je veux me battre pour faire respecter mes droits et pour montrer à mes enfants qu’il ne faut pas accepter l’injustice », confie-t-elle, déterminée, auprès de nos confrères de Nice-Matin.
Cette mère de famille détient un grand studio situé dans le quartier des Musiciens. Pour elle, ce logement, c’est un peu le symbole d’une revanche sur une enfance brisée par des « violences innommables ». Marquée par l’expulsion de sa propre famille à l’âge de 10 ans, elle s’était promis de s’en sortir. Placée en foyer à 15 ans, elle enchaîne les petits boulots et économise « centime après centime » pour acquérir ce bien à l’âge de 24 ans – seule – avec un crédit sur vingt ans.
« Je n’ai plus de quoi vivre décemment »
Le rêve bascule il y a quatre ans. Après un long sinistre et une séparation, elle s’y réinstalle temporairement avec ses enfants. Elle fait alors la connaissance de A., un homme en difficulté qui prétend avoir squatté les lieux lorsqu’ils étaient vides. L’homme l’aide à nettoyer le logement. « Avec le recul, je comprends qu’il m’a embobinée », glisse-t-elle. Par solidarité, elle accepte de l’héberger, puis de lui louer le studio en attendant de le vendre.
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Mais en 2023, l’homme cesse de payer son loyer, faisant capoter la vente du studio. Depuis, la situation est devenue un gouffre financier et psychologique. Bella Guilaine doit cumuler le remboursement de son crédit – de 617 euros par mois – et le loyer de son logement actuel (évalué à 550 euros). « Je ne suis pas riche […] Je n’ai plus de quoi vivre décemment », s’alarme-t-elle. D’autant que l’occupant indélicat ne vivrait même plus là, suspecté d’avoir sous-loué le bien avant d’avoir eu des ennuis policiers, mais il refuse de rendre les clés.
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Face au silence de la justice, qui a reporté sine die le délibéré de son procès initialement prévu le 24 avril dernier, la propriétaire a profité du départ en vacances de ses enfants pour engager un protocole de la dernière chance : « Je suis prête à aller au bout pour qu’on m’entende enfin ».
2026-07-08 16:31:04
