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Pour Israël, l’état de guerre permanent a un coût exorbitant
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou veut faire de son pays une « super-Sparte » du Moyen-Orient, mais le coût exorbitant de la guerre gonfle le budget de la défense et fait craindre des reculs pour l’éducation ou la santé. La facture du conflit déclenché le 7 octobre 2023 s’élevait fin avril à 405 milliards de shekels (près de 120 milliards d’euros), soit « plus de 17% du PIB », selon le gouverneur de la banque centrale israélienne, Amir Yaron.
La seule campagne militaire contre l’Iran, déclenchée par l’attaque américano-israélienne du 28 février sur Téhéran, a engendré un coût supplémentaire de 35 milliards de shekels (10,5 milliards d’euros). Pour soutenir l’effort de guerre, Israël a emprunté massivement sur les marchés internationaux en 2024 et 2025, au point que la dette publique représente désormais plus de 69% du PIB, contre 60% avant la guerre, selon le Trésor. Les impôts et les prélèvements sociaux ont également augmenté.
Esteban Klor, professeur d’économie à l’Université de Jérusalem, explique que les Israéliens « paient deux fois » pour la guerre. La première, dit-il, à travers la baisse des dépenses sociales de l’État et la réduction des investissements dans les services publics actées par plusieurs coupes budgétaires successives. Le deuxième coût est lié à la mobilisation continue de dizaines de milliers de réservistes depuis l’attaque du Hamas. « Comme (…) beaucoup de nos actifs sont dans l’armée plutôt qu’à leur poste de travail, cela affecte la production », explique-t-il.
2026-06-07 07:35:00
