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trois mères face aux récits choquants de leur enfant


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« Il m’a touché la zézette et a mis sa main à l’intérieur de mes fesses ». C’est à travers les mots de sa fille de 3 ans qu’Anne (*) a compris qu’elle avait été violée dans le cadre du périscolaire à l’école publique Saint-Dominique, à Paris.

Les premiers doutes, cette mère dont c’est le premier enfant les a eus fin novembre. Sa fille venait de faire son entrée en petite section de maternelle dans une école du très chic VIIe arrondissement. Mais quelque chose « clochait », raconte-t-elle. Un jour, la fillette se plaint de douleurs anales si fortes qu’elle n’arrivait plus à marcher en sortant de l’école.

« Je suis allée voir une pédiatre qui n’a pas fait le rapprochement avec l’hypothèse d’une agression sexuelle », se souvient-elle. Il a fallu attendre la diffusion le 29 janvier d’un Cash investigation tourné en mai, où l’on voit notamment une animatrice embrasser un enfant sur la bouche, pour que la parole se libère.

Des plaintes contre un animateur cachées

Dès le lendemain, une réunion est organisée à l’école et une maman s’exclame « ma fille a été violée dans l’école! » en apprenant que deux plaintes déposées l’année scolaire précédente contre un animateur pour des faits de violences sexuelles n’avaient jamais été révélées aux parents. « J’ai interrogé ma fille et j’ai compris qu’un autre animateur l’avait violée », témoigne Anne, qui fait état d’un « climat de terreur » au sein du périscolaire, des animateurs faisant croire aux enfants « qu’ils allaient tuer leurs parents s’ils parlaient ».

A l’école Rochechouart, dans le IXe arrondissement, Justine (*) avait alerté dès mi-décembre la directrice de l’école. « Mon fils de quatre ans et demi nous a expliqué qu’un animateur lui avait touché les fesses, le zizi, et mis la main dans la culotte », raconte-t-elle. La directrice se montre pourtant dubitative. « Elle nous a dit que c’était impossible, que l’animateur était en binôme avec un autre adulte et qu’il ne se retrouvait jamais seul avec un enfant », explique la maman. 

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Ce n’est que lorsqu’elle décide de porter plainte le 23 janvier que l’animateur soupçonné est suspendu. Mais depuis cette date, le garçonnet n’a toujours pas été entendu par la police. « Notre fils était devenu très colérique, nous tapait, nous crachait dessus. Et quand l’animateur a été suspendu, on a retrouvé le petit garçon joyeux qu’il était avant », observe-t-elle.

« Aucune transparence »

Mais l’enfant confie aussi que l’animateur jouait « sous le préau à toucher ses parties intimes et que les enfants devaient faire de même ». « Depuis qu’on a remonté ces informations, on s’est sentis lâchés, sans accompagnement psychologique, sans savoir quoi faire ni comment parler à notre enfant. Et aujourd’hui, on a l’impression d’avoir été oubliés », poursuit Justine, expliquant qu’il n’y a « toujours pas eu de rencontre entre les parents et l’équipe périscolaire ».

Dans le XIe, où plusieurs écoles sont aussi concernées par ces révélations, Marie (*), maman d’une fillette de 3 ans et demi à l’école Faidherbe, confie avoir rencontré « l’opacité ». Après un courriel de la direction des affaires scolaires informant en novembre les parents de la suspension de deux animateurs pour des faits à caractère sexuel, la réunion d’information qui a suivi n’a fait selon elle qu’« angoisser les parents ».

« Aucune transparence n’a été faite ni sur le nom des personnes, ni sur les faits eux-mêmes et c’est grâce à d’autres parents qui avaient porté plainte qu’on a su quoi faire », souligne la maman, qui travaille dans la communication. Quatre jours après la suspension des animateurs, les enfants se mettent presque tous à parler. Elle comprend alors que sa fille, qui fréquente le périscolaire uniquement sur le temps de la cantine, a été agressée « pendant la sieste ».

« Revenir à l’école avec un fusil »

« C’est au milieu d’une scène de la vie quotidienne que notre fille nous a dit « Maman, ils nous baissent la culotte, ils nous piquent dans les fesses, ils ne remontent même pas la culotte » ». La fillette incrimine un homme « qui faisait » mais également une femme « qui menaçait les enfants de revenir à l’école avec un fusil s’ils parlaient ».

« Aujourd’hui, on en est à 16 plaintes sur une école d’environ 100 enfants dont 45 petites sections, et quatre suspensions sur 16 animateurs dont deux récentes pour des faits remontant à 2024. Ça montre l’ampleur de la défaillance du système », poursuit la mère, dont la fille est sur liste d’attente pour intégrer une école privée.

Depuis début 2026, 78 animateurs ont été suspendus, dont 31 pour suspicions de violences sexuelles, selon la Ville. Vendredi, le nouveau maire de Paris Emmanuel Grégoire a annoncé un vaste plan assorti d’une enveloppe d’une vingtaine de millions d’euros pour tenter de stopper les agressions.

(*) Les prénoms ont été modifiés



2026-04-10 07:44:00

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