vendredi, mai 8, 2026
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Lionel s’est lancé dans la paternité en solo


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Aujourd’hui, lorsque Lionel regarde son fils grandir, il paraît plus épanoui que jamais. Comme s’il était la pièce manquante d’un puzzle. Pourtant, devenir père n’a pas toujours été une évidence pour ce proviseur de lycée de 51 ans. « Ça a été un long cheminement. Pendant très longtemps, j’ai cru que je ne voulais pas d’enfant, mais je pense que c’était plutôt car je pensais ce n’était pas réalisable », se remémore-t-il. Et puis, il rencontre un homme qui avait pour projet d’être papa. Cette relation va raviver des possibilités que Lionel n’envisageait plus. Mais le couple se sépare peu après et l’idée de fonder une famille à deux aussi.

Pour autant, Lionel n’abandonne pas son projet de paternité. « Je me suis dit que je n’allais pas toujours attendre d’avoir la famille parfaite qui colle à l’image que l’on attend : la maison, la voiture, le chien. On va le faire dans le désordre et tout va bien se passer ! », lâche-t-il. Il est aussi à un moment de sa vie ou sa situation est plus stable, tant professionnelle que financière. Tous les feux sont au vert.

De longues procédures

Dans sa démarche pour devenir père, il a longtemps hésité entre l’adoption et la GPA (gestation pour autrui), une procédure interdite en France, mais autorisée dans certains autres pays. Dans les deux cas, le parcours est long et n’est pas certain d’aboutir : il lance alors les deux pistes. Il obtient finalement son agrément d’adoption dans son département du sud de la France, mais il le sait, ce n’est que le début d’un chemin semé d’embûches. « Cet agrément est valable cinq ans, pendant lesquels nous pouvons être appelés pour une adoption. Mais dès la première réunion, on m’a rapidement fait comprendre que ça allait être compliqué pour moi, les couples hétérosexuels et les femmes seules sont prioritaires face aux hommes seuls », déroule-t-il.

En parallèle, il lance une procédure pour une GPA en Ukraine sur les conseils d’un couple d’hommes. Le projet de Lionel avance sans encombre via une agence. Après les étapes médicales, il reçoit la bonne nouvelle : une mère porteuse attend son enfant. Neuf mois plus tard, en septembre 2021, son petit garçon naît en Ukraine. En un peu moins d’un an et demi après le début de sa démarche et la somme de 50 000 euros déboursée, il tenait son fils dans ses bras. Pourtant, cette nouvelle idyllique est vite plombée par un problème administratif.

Un lien fort avec la mère porteuse

Dans ce pays, la GPA est autorisée depuis 2002 et théoriquement réservée aux couples hétérosexuels en situation d’infertilité, mais, dans la pratique, la législation est contournée et certaines agences jouent sur un flou juridique. Pour y mettre un terme, l’État n’apostille plus les certificats de naissance, celui de son fils ne peut donc pas être reconnu par l’ambassade française, ce qui a empêché Lionel de sortir du pays avec son enfant. 

Quelques mois avant le début de la guerre, le tout jeune papa se retrouve donc bloqué trois mois en Ukraine. « Ça a été presque une chance, puisque ça m’a permis d’être seul avec mon fils, qu’on apprenne à se connaître. Nous étions dans notre bulle. Et puis, il y avait une vraie solidarité avec tous les papas », se rappelle-t-il. Une période qui restera, avec le recul, un très beau souvenir. Car grâce à l’APGL (Association des parents et futurs parents gays et lesbiens), il a pu trouver une avocate ukrainienne, débloquer la situation et rentrer en France – depuis, l’agence en question a d’ailleurs fermé.

Pendant cette période, Lionel a tissé un lien fort avec la mère porteuse. Lorsque le conflit entre l’Ukraine et la Russie a éclaté, elle est même venue vivre en France avec ses trois enfants, dans l’appartement à côté de celui de Lionel, pendant plusieurs mois. « C’était très important pour moi de pouvoir développer ce lien avec la mère porteuse, pour expliquer à mon fils son histoire, ou qu’il puisse la connaître. Ça me permet aussi d’assumer plus facilement mon choix, car j’ai longtemps hésité avant de faire une GPA par peur de priver mon enfant d’une partie de sa famille dès le départ », confesse Lionel.

Affronter le regard de la société

La vie à deux s’est construite petit à petit. « Je n’étais pas tonton, je n’ai jamais côtoyé beaucoup de bébés, j’appréhendais un petit peu. Mais j’ai eu de la chance, j’ai un fils très facile », dit-il avec le sourire. Dans cette aventure, il a aussi dû assumer le regard des autres liés à son âge, puisqu’il est devenu père à 48 ans, mais aussi le poids de la société sur ce choix d’être devenu un papa solo. Son fils « se questionne et voit que d’autres enfants de son âge ont deux grands-mères et grands-pères, il perçoit une différence même s’il ne manque de rien », note Lionel, qui a déjà dû faire face à ses questions et a décidé de lui dire la vérité. « J’ai acheté des livres pour lui expliquer et j’ai fait un album de naissance. Il y a aussi des photos avec sa mère porteuse », poursuit-il.

Lionel n’a jamais douté de son choix depuis qu’il a accueilli son garçon. Être seul avec un enfant ne lui fait plus peur. Désormais installé à l’étranger, il a même fait une demande d’agrément d’adoption dans le pays dans lequel il réside, valable jusqu’en juin. Il garde encore espoir d’accueillir un nouveau membre dans sa famille, d’ici cet été.



2026-04-02 05:15:00

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