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MSF alerte sur l’ampleur des violences sexuelles utilisées comme arme de guerre au Darfour


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Une jeune réfugiée soudanaise originaire d’El-Fasher  dans le camp de transit de Tiné,  dans l’est du Tchad, le 23 novembre 2025.

Dans un nouveau rapport, l’ONG Médecins sans frontières (MSF) documente l’ampleur et la gravité des violences sexuelles au Darfour. Les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR) et leurs milices alliées multiplient « délibérément » les violences sexuelles dans la région soudanaise du Darfour, afin d’« humilier et de terroriser » la population, dénonce l’ONG mardi 31 mars.

Sans aucune perspective de trêve jusqu’à présent, la guerre entre l’armée et les FSR, qui ravage le Soudan depuis près de trois ans, a fait plusieurs dizaines de milliers de morts et environ 11 millions de déplacés, provoquant la « pire crise humanitaire au monde ».

Les violences sexuelles sont, selon MSF, une triste « marque de fabrique du conflit » au Soudan et s’inscrivent dans le cadre de « punitions collectives infligées aux civils », « souvent selon des lignes de fractures ethniques », ajoute l’ONG, qui dénonce ces « tactiques délibérées destinées à humilier et terroriser les individus ». « Aujourd’hui, le viol et d’autres formes de violences sexuelles sont redevenus une caractéristique définissant le conflit brutal au Darfour », région de l’ouest du Soudan, où un précédent conflit opposant notamment les milices janjawids – dont sont issues les FSR – à des mouvements rebelles locaux, a fait plus de 300 000 tués de 2003 à 2020 et fut également marqué par des violences sexuelles à grande échelle, rappelle MSF.

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Entre janvier 2024 et novembre 2025, au moins 3 396 survivants de violences sexuelles, parmi lesquels 97 % de femmes et de filles, ont sollicité un traitement dans les structures soutenues par MSF dans le nord et le sud du Darfour, a déclaré l’organisation. Un nombre qui ne représente qu’une « fraction de la réalité », insiste l’ONG.

Une « guerre sur le dos et le corps des femmes et des filles »

Les combattants des FSR et des milices alliées utilisent les violences sexuelles comme « arme de guerre et moyen systématique de contrôle des populations civiles, en violation du droit international humanitaire », constate MSF.

L’ONG a traité 150 victimes de violences sexuelles subies lors de l’assaut par les FSR en avril 2025 du camp de déplacés de Zamzam, qui abritait près de 500 000 personnes. Les violences, notamment des « violences sexuelles généralisées » lors de l’assaut, « visaient souvent spécifiquement les groupes ethniques, en particulier les communautés Zaghawa », selon MSF.

D’autres ont témoigné après la prise d’El-Fasher, en octobre 2025, dernier bastion de l’armée dans cette vaste région de l’Ouest soudanais, où une mission d’enquête de l’ONU a fait état d’« actes de génocide ».

Les survivantes ont aussi raconté des violences sexuelles subies au quotidien : sur les routes, dans les champs, sur les marchés et dans les camps de déplacés. « Cette guerre se fait sur le dos et le corps des femmes et des filles », s’indigne Ruth Kauffman, responsable de la santé d’urgence de MSF.

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Le Monde avec AFP



2026-03-31 09:45:04

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