mardi, mars 24, 2026
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DÉCRYPTAGE. Après les municipales, à droite, le spectre d’une primaire sur laquelle personne n’est d’accord


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l’essentiel
Au lendemain de municipales sans vainqueur net, les partis macronistes et Les Républicains affichent tous leur volonté de se rassembler en vue de 2027. Mais derrière les appels à l’unité, les stratégies restent profondément concurrentes, rendant l’hypothèse d’une candidature commune de plus en plus incertaine.

Dans la foulée d’élections municipales sans vainqueur clair, chaque camp politique tentait hier de tirer les leçons du scrutin sur les alliances et les stratégies à mettre en œuvre pour l’élection présidentielle de l’année prochaine. À gauche, la zizanie s’est installée avec en son cœur la question clé des alliances après l’échec des accords LFI-PS.

À droite, c’est la cacophonie qui prévaut avec une multiplication d’appels à l’union sans que l’on perçoive qui exactement serait prêt à s’unir et donc à renoncer à son ambition présidentielle… Le tout sous la pression du Rassemblement national qui n’a, lui-même, pas tranché quelle ligne il entend incarner pour 2027 entre celle de Marine Le Pen « nationale-sociale » et celle de Jordan Bardella, beaucoup plus libérale et partisane de l’union des droites, en fait celle de la droite républicaine avec la galaxie d’extrême droite…

Aucune force ne peut imposer sa loi aux autres

Dès dimanche soir, les divergences sont apparues au sein de ce que certains continuent d’appeler le « bloc central », à savoir les partis macronistes (Horizons, le MoDem et Renaissance) et les Républicains. L’idée d’une primaire occupe les esprits mais l’impossibilité de trouver un accord sur ses modalités comme son périmètre la rend de plus en plus illusoire au point que chacun se prépare à se lancer en espérant que les sondages seront les juges de paix…

La photographie du lendemain est brutale. Tous parlent de rassemblement, mais chacun raisonne d’abord en propriétaire de son couloir. Aucune force n’a émergé assez nettement en tête des municipales pour imposer sa loi à l’ensemble de cet espace allant de Renaissance à LR. Les appels à l’unité se multiplient, les arrière-pensées aussi. Et plus l’invocation du rassemblement devient insistante, plus apparaît ce qu’elle recouvre : une concurrence généralisée entre prétendants à l’Elysée.

Chez Horizons, la réélection d’Edouard Philippe au Havre desserre l’étau autour de l’ancien Premier ministre. Le maire réélu peut reprendre sa marche vers 2027 avec l’argument territorial qu’il recherchait. Son parti souligne ses points d’appui locaux et veut faire de cette assise un levier national. Mais cette avance relative ne suffit pas à créer l’alignement. Philippe n’a aucun intérêt à se laisser enfermer dans une primaire qui banaliserait son statut de favori du bloc central. Sa ligne est donc simple : rassembler largement, oui, mais autour de lui, et sans procédure qui le mettrait à égalité avec des rivaux moins installés.

La stratégie d’Attal pour exister

Face à lui, Gabriel Attal, le secrétaire général de Renaissance, n’a aucune raison de s’effacer. Renaissance a certes moins de prises locales que la droite classique, mais le parti peut mettre en avant Bordeaux et Annecy, et surtout la volonté de reconstruire une offre politique autonome. Revigoré, bien que peu impliqué dans les municipales, Attal tend la main à droite comme à une partie de la gauche républicaine, tout en travaillant son propre profil – avec des déplacements à l’étranger ces dernières semaines. Là encore, le mot union masque mal la logique réelle : exister, se distinguer, puis négocier en position de force.

Le MoDem, lui, sort affaibli par la défaite de François Bayrou à Pau. Cette contre-performance prive le centre d’un arbitre naturel au moment même où il aurait fallu une autorité reconnue pour imposer un cadre. François Bayrou, longtemps pivot de cette famille, n’apparaît plus en situation de régler la querelle des ambitions. Le retrait relatif de l’allié historique d’Emmanuel Macron ajoute du vide au sommet.

De quelle union parle-t-on ?

À droite, la situation n’est guère plus lisible. Les Républicains ont des raisons de se prévaloir de plusieurs conquêtes symboliques, de Clermont-Ferrand à Brest en passant par Limoges. Michel Barnier y voit la preuve que l’alliance de la droite républicaine et du centre fonctionne. Valérie Pécresse pousse, elle, l’idée d’une candidature unique de la droite et du centre face aux extrêmes. Mais Bruno Retailleau, déjà candidat, défend sa propre voie et refuse qu’une union trop large dissolve l’identité de LR dans un ensemble macroniste élargi.

Le paradoxe est là. Plus le RN exerce sa pression, plus la nécessité d’un candidat unique est invoquée. Mais plus cette nécessité est répétée, plus elle révèle l’étendue du désaccord. Car de quelle union parle-t-on ? D’une primaire du seul bloc central ? D’un dispositif allant jusqu’à LR ? D’une consultation encore plus large, comme le souhaitent certains, de Gérald Darmanin à Sarah Knafo ? À mesure que le cercle s’élargit, la mécanique devient impraticable et périlleuse. À mesure qu’il se resserre, elle perd sa raison d’être.

Chacun se prépare à une course en solitaire

Les municipales n’ont d’ailleurs pas tranché la question stratégique de fond. Le RN continue de progresser et de mordre sur l’électorat LR, notamment dans le Sud, sans pour autant transformer cette progression en capacité d’alliance locale. Dans le même temps, le succès d’Eric Ciotti, le patron de l’UDR, à Nice a rouvert le débat sur l’union des droites, accentuant la fracture interne chez LR. Entre rapprochement vers le centre et tentation droitière, le parti n’a toujours pas choisi.

Dès lors, chacun se prépare désormais à une course en solitaire, tout en se disant disponible pour l’unité. La formule a l’avantage de ne rien coûter dans l’immédiat. Elle permet de parler sans se retirer soi-même. Mais elle entretient surtout l’illusion d’un accord futur dont personne, aujourd’hui, n’accepte vraiment le prix. Or une union n’existe que si quelqu’un renonce.

Pour l’heure, nul ne renonce, et tous avancent. C’est pourquoi la primaire hante les esprits tout en s’éloignant dans les faits. Plus on en parle, moins elle paraît possible. Et plus 2027 approche, plus le bloc central et la droite donnent le spectacle non d’une coalition en formation, mais d’un archipel de candidatures sous tension.



2026-03-24 05:31:05

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