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« Une patinoire à 200 millions d’euros, c’est non. » La phrase est inscrite en gros et en rouge dans le programme d’Eric Ciotti. Lors de la campagne des municipales, le candidat UDR, allié au RN, s’est prononcé en faveur des Jeux olympiques et paralympiques d’hiver des Alpes françaises 2030 mais avec des propositions complètement alternatives par rapport au projet défini avec le maire sortant et rival, Christian Estrosi. Désormais futur maire de Nice, élu dimanche 22 mars lors du second tour, il compte bien peser sur les discussions avec les organisateurs de ces JOP afin d’accueillir, dans moins de quatre ans, une grande partie des épreuves de glace (hockey, patinage artistique, short-track et curling).
Cette nouvelle donne politique inquiète fortement Renaud Muselier, président de la Région Sud-Paca et à la tête de la Solideo, établissement public en charge des infrastructures pérennes : « Avec Nice on a un problème réel avec un maire élu qui est pour les Jeux, mais pas de la même manière que le projet initial. Ça mérite quelques explications de texte pour voir si c’est viable à Nice, sinon il faudra réévaluer », a-t-il indiqué à l’AFP. Avant de poursuivre sans donner plus de précisions : « Je n’hésiterai pas à tout changer s’il le faut. » En tout cas, il est difficile d’envisager une bascule sur la patinoire olympique de Marseille qui peut accueillir jusqu’à 7 400 spectateurs avec une extension qui n’est pas possible : « On ne peut pas pousser les murs », avait-il insisté en décembre dernier.
Renaud Muselier a aussi insisté sur les échéances à venir, alors que la carte des sites doit être dévoilée fin juin, afin de montrer que tout changement majeur serait compliqué à prendre en compte : « La Solideo a travaillé sur un chiffrage qui va sortir courant avril, il faut que ce soit décidé fin avril. » Selon la maquette financière, le complexe omnisports olympique, qui remplacerait la patinoire Jean-Bouin, vieillissante et énergivore, coûterait 148,80 millions d’euros en plus des aléas estimés à 37,21 millions (soit un total de 186,01 millions d’euros), en sachant que la Ville de Nice participerait à hauteur de 20 %. Autrement dit, le coût pour la capitale des Alpes-Maritimes serait compris entre 29,76 et 37,22 millions d’euros. Mais, pour Eric Ciotti, ça serait « une folie financière » et un « projet disproportionné », préférant la rénovation de Jean-Bouin.
« Non » aux patinoires éphémères dans le stade
Le nouveau maire ne veut pas non plus de deux patinoires éphémères prévues au sein du stade Allianz Riviera pour le hockey sur glace : « Nous nous opposons fermement à ce projet aberrant qui relève du bricolage coûteux. Notre stade n’est pas une salle des fêtes modulable au gré des événements, c’est le temple de l’OGC Nice. » À noter que le président du comité de soutien d’Eric Ciotti n’est autre que Jean-Pierre Rivière, président du club de football niçois et annoncé comme futur conseiller spécial du premier magistrat. Le projet de cette structure provisoire est porté, par le comité d’organisation (Cojop). Si aucun coût n’a été officiellement dévoilé, le chiffre de 80 millions d’euros est évoqué.
Outre la question de la faisabilité d’une telle infrastructure avec la couverture du stade se posent aussi les questions de l’indemnisation de l’OGC Nice privé de cet équipement pendant plusieurs semaines et de la délocalisation des matches : « L’objectif qu’on s’est fixé avec les experts pour permettre une durée d’immobilisation qui soit acceptable pour le club et les supporters, c’est 8 décembre-15 mars (en 2029 et 2030, NDLR). Je comprends que ça puisse créer de l’inquiétude et je sais que des solutions sont à l’étude. Là, on est en train de parler d’un événement exceptionnel. L’Allianz Riviera est un atout majeur dans notre projet », avait souligné Edgar Grospiron, président du Cojop, le 1er mars dernier à Nice Matin. Précisant que les jauges des deux patinoires seraient de 12 000 et 18 500 places avec un enjeu financier énorme pour les JO : « Il faut savoir que la billetterie du hockey sur glace, c’est 40 % de la billetterie totale des Jeux olympiques. » À la place, Eric Ciotti propose, lui, de « métamorphoser » l’actuel palais des expositions en « grand palais des sports » qui deviendrait à terme l’antre officiel des hockeyeurs des Aigles de Nice.
Le rival de Christian Estrosi veut, par ailleurs, modifier l’emplacement du village olympique, qui doit être transformé ensuite en logements pour étudiants. Au lieu d’être à côté du stade de football, il estime « le secteur stratégique d’Auvare », proche du campus Saint-Jean-d’Angély, est beaucoup plus approprié, qualifiant le projet actuel de « flou » et de « mal situé ».
Le président de la Région Paca a vertement critiqué les alternatives proposées par Eric Ciotti : « Je ne suis pas compétent mais on me dit que c’est du niveau d’un championnat du monde juniors », a-t-il affirmé à l’AFP. Tout en précisant : « On parle d’un projet de dimension mondiale, pas d’une revanche des uns sur les autres. »
2026-03-23 18:36:00
