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Deux hommes âgés de 41 et 62 ans, arrêtés pour trafic de drogue à Moissac, ont été placés en détention provisoire vendredi 3 avril 2026. Leur procès a été renvoyé au 5 juin après un coup de filet mené par cinquante gendarmes. Ils encourent de 10 à 20 ans de prison sur le papier.
Équipé d’une prothèse à la jambe, Laurent B., 62 ans, arrive en claudiquant dans le box des accusés du tribunal judiciaire de Montauban, ce vendredi 3 avril 2026.
Cheveux courts poivre et sel, calvitie apparente, le Moissagais, originaire de Meudon (Hauts-de-Seine), affiche des traits tirés après près de 96 heures de garde à vue dans les locaux de la brigade de recherches (BR) de Castelsarrasin. À ses côtés, Mohamed C., 41 ans, emmitouflé dans une doudoune noire, sait lui aussi qu’il risque gros.
Les deux hommes sont suspectés d’avoir organisé un trafic de stupéfiants dont le point de deal se situait sur l’allée Marengo à Moissac (Tarn-et-Garonne). En raison de la récidive pour l’un d’eux, ils encourent de 10 à 20 ans de prison « sur le papier ».
Cinquante gendarmes mobilisés
Mais l’heure n’est pas encore au grand déballage. Le réseau, actif depuis 2022, a été brutalement démantelé mardi 31 mars 2026 par 50 gendarmes mobilisés sous la direction du commandant David Diaz, à la tête de la compagnie de Castelsarrasin.
L’opération a eu lieu à Moissac, mais aussi à Castelsarrasin et Valence-d’Agen. Lors des perquisitions, notamment dans la cave de Laurent B., les enquêteurs découvrent 1,6 kg de stupéfiants : 962 g de cocaïne, 260 g d’héroïne et 415 g de résine de cannabis.
Les suspects demandent le renvoi du procès
Sur les conseils de leurs avocats, les prévenus demandent le renvoi du procès pour préparer leur défense. La présidente Anne-Sophie Derens leur rappelle que le tribunal ne statuera pour l’instant que sur leur placement : contrôle judiciaire, comme le réclament leurs avocats, ou détention provisoire, comme le requiert le ministère public.
Avant cette décision, le tribunal examine les profils des accusés. Mohamed, qui vit dans un appartement de l’allée Marengo avec son épouse, affirme entretenir de bons rapports avec elle et travailler ponctuellement dans le BTP grâce à des missions d’intérim dans une agence de Castelsarrasin. Le quadragénaire assure ne plus consommer de stupéfiants. Mais son casier, chargé de 13 mentions depuis 2003, confirme son ancrage dans le milieu.
« Vous dites que ça va très bien avec votre compagne ? », l’interroge la vice-procureure Lucile Moutier. « Tout n’est pas au beau fixe comme vous le prétendez », relève la magistrate, en mentionnant une récente condamnation pour violences conjugales. Ce point est crucial pour Mohamed, qui souhaite obtenir le contrôle judiciaire dans son appartement familial.
Le profil de Laurent n’est guère plus rassurant. Toxicomane, il avoue consommer « 1 g d’héroïne par jour ».
« Ça coûte combien ? », le questionne la présidente, soulignant qu’il vit de son allocation aux adultes handicapés.
— Entre 25 et 30 euros.
— Toute votre allocation y passe alors ?
— Non, comme je fais du business (sic), je la touche à moins cher », lâche Laurent, reconnaissant implicitement avoir organisé le réseau de narcotrafic à Moissac.
Déjà condamné trois fois pour usage et trafic de stupéfiants, le sexagénaire, sans emploi et célibataire, espère lui aussi sortir à l’issue de l’audience.
« Il justifie d’un logement hors de Moissac, chez sa mère en maison de retraite », plaide son avocate Me Amélie Gaux, soulignant également son lourd handicap. Elle estime que le risque de fuite est « néant ».
Le tribunal ne partage pas cet avis. Suivant les réquisitions du parquet, il décide de placer en détention provisoire les deux présumés narcotrafiquants jusqu’au renvoi de leur procès fixé le 5 juin 2026.
2026-04-04 12:00:41
